Quand on lit un romancier ou une romancière pour la première fois et que son livre totalise pas loin de 700 pages, on a, comment dire, une sorte d’hésitation ! Irai-je jusqu’au bout ? Avec ce roman de Valérie Perrin, il ne faut pas hésiter. C’est la lecture d’été idéale ! Agréable, attachante, mystérieuse et surprenante d’actualité…

Éric Clément
Éric Clément La Presse

Traduite dans une trentaine de pays, la romancière française Valérie Perrin (Les oubliés du dimanche, Changer l’eau des fleurs) a écrit un petit bijou de roman. L’histoire de trois amis, Adrien, Étienne et Nina, que l’on suit depuis leur tendre enfance jusqu’à leur vie d’adulte. Leur amitié est tissée serré, comme des frères et une sœur qui se seraient choisis. Leur lien semble indestructible. Sauf que…

Ce roman sur les illusions et les espoirs de la jeunesse porte aussi sur la valeur et la fragilité des serments et sur le constat qu’on ne connaît jamais tout à fait nos amis, même quand on vit pratiquement avec eux. Trois est bien écrit, avec un style fluide, non empesé, d’une grande douceur, alliant dialogues et descriptions dans une structure narrative qui fait des va-et-vient bien construits et efficaces entre différentes époques.

On dit souvent que les livres s’impriment plus longtemps dans nos mémoires que leurs adaptations au cinéma. C’est sûrement vrai la plupart du temps. La lecture de Trois s’accompagne d’images fortes ressenties avec une telle acuité qu’on a l’impression de « voir » des scènes d’un film. Alors, on le pressent déjà, ce long métrage. On le souhaite. Pour faire renaître ces personnages de Valérie Perrin si attachants… et si vrais.

Trois

Trois

Albin Michel

674 pages