La prémisse est intéressante et originale. Un fidèle partisan du Canadien découvre par hasard un livre d’apparence inoffensif, qui le propulse au cœur d’une lutte sans merci pour protéger les intérêts de la Sainte-Flanelle et de la Ligue nationale de hockey.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

Le roman policier met autant en vedette un fonctionnaire à la vie rangée préoccupé par son pool, sa conjointe et ses trois grands amis, que le hockey. Régulièrement, des phrases savoureuses (fébrile comme lors d’une mise en jeu en territoire offensif, dans la langue de Ken Dryden, etc.) rappellent le contexte sportif du livre. Les amateurs de théories du complot se régaleront du regard cynique que jette Hugo Beauchemin-Lachapelle sur le CH, le retour des Nordiques et les visées de Gary Bettman dans son premier roman. Journalistes et commentateurs sportifs, qui selon l’auteur maîtrisent l’art de ne rien dire, ne trouvent pas davantage grâce à ses yeux.

On reste toutefois sur sa faim. Les matchs décrits avec une intense précision pendant une grande partie du roman détonnent quand le récit s’approche des séries du printemps 2020. La saison se poursuit comme si la COVID-19 n’avait rien bouleversé alors que le calendrier est réglé au quart de tour tout le long du livre. Lorsque le Canadien surprend les Penguins en première ronde, les cris des partisans au Centre Bell sonnent faux. L’histoire aurait profité d’un temps d’arrêt pour modifier le plan de match et continuer de s’arrimer à la réalité. C’est dommage. Il aurait aussi été intéressant de pousser plus loin l’intrigue secondaire, tissée autour de la conjointe du fonctionnaire. Les deux membres du couple en seraient sortis grandis.

★★★
La surface de jeu
Hugo Beauchemin-Lachapelle
La Mèche
288 pages