(Montréal) La pandémie de COVID-19 a amené un engouement pour le prêt électronique dans les bibliothèques publiques du Québec.

Vicky Fragasso-Marquis
La Presse Canadienne

Bien qu’il soit toujours possible de louer des livres physiquement en zone rouge, de plus en plus de lecteurs optent pour le prêt numérique, selon des données diffusées à l’occasion de la Semaine des bibliothèques publiques.

Pendant le confinement (de mars à juin), les prêts numériques ont bondi de 117 %, tandis que le nombre d’utilisateurs a crû de 175 %. Dans les livres jeunesse, les prêts numériques ont explosé de 482 %.

Les bibliothèques ont par ailleurs augmenté de 134 % leur acquisition de livres numériques.

L’Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ) a récolté ces données en effectuant des sondages auprès de ses membres.

En entrevue, le président de l’ABPQ, Denis Chouinard, a avancé que plusieurs abonnés avaient découvert ce service pendant la période de confinement.

On peut penser que lors du retour à la normale, le livre numérique restera plus populaire qu’il ne l’était avant.

Denis Chouinard, président de l’Association des bibliothèques publiques du Québec

Les livres imprimés forment encore la plus grande partie des collections des bibliothèques, mais le « numérique a fait son chemin » et permet une complémentarité aux lecteurs, souligne M. Chouinard.

« Souvent, c’est une utilisation mixte », a-t-il indiqué, précisant que certaines personnes préféraient le numérique pour les voyages en transport en commun et l’imprimé pour la lecture à la maison.

Avec la pandémie, plusieurs activités des bibliothèques ont migré en ligne, dont l’heure du conte — sur le site heureduconte.ca, les enfants peuvent visionner des contes enregistrés et en direct, ou en écouter en baladodiffusion.

Des pratiques durables ?

Selon M. Chouinard, certaines pratiques adoptées pendant le confinement resteront lors du retour à la normale, mais les bibliothèques demeureront un important lieu de socialisation pour la population.

« C’est un lieu où les gens aiment se rencontrer, ils vont venir pour des activités ou des animations, des conférences », a-t-il expliqué.

« En ce moment, cet aspect-là n’est pas possible. »

Mais la pandémie permettra peut-être plus de flexibilité à l’avenir.

M. Chouinard donne l’exemple d’un club de lecture, qui se réunira la majorité du temps en personne à la bibliothèque, mais qui pourrait, par exemple, tenir une rencontre en ligne lorsque la température n’est pas clémente.

Je pense qu’il faut le voir comme un système qui nous permet en ce moment de rendre service à nos usagers, de rester présents ; ça va rester en partie après, mais la bibliothèque va redevenir un lieu de vie comme elle était avant.

Denis Chouinard, président de l’Association des bibliothèques publiques du Québec

D’ailleurs, les activités de la 22e Semaine des bibliothèques publiques du Québec se dérouleront en grande partie en ligne. Les organisateurs proposent cette année des jeux, des contes et des rencontres d’auteurs dans plusieurs régions du Québec.