Tour d'horizon des sorties récentes de bandes dessinées

Stéphanie Morin Stéphanie Morin
La Presse

Jean Siag Jean Siag
La Presse

Totale sincérité

Une première rupture amoureuse qui s’étire en longueur, des questionnements artistiques qui bousculent tout, l’impression prégnante de ne pas être à sa place parmi les humains… Pas de doute, Julie Delporte file un mauvais coton. Pour garder la tête hors de l’eau, la dessinatrice dans la vingtaine se lance dans la rédaction d’un journal, armée de ses seuls doutes et de ses crayons de couleur.

Au fil des dessins qu’elle couche sur le papier, la jeune femme se transforme, juste là, sous nos yeux. La fragile chenille finit par déployer ses ailes de papillon, non sans efforts. C’est sans doute l’une des plus belles qualités de cet album vitaminé et tellement touchant : l’auteure s’y dévoile avec une totale sincérité. Ses angoisses, ses faux pas, ses cauchemars et son éternel syndrome de l’imposteur... La bédéiste montréalaise ne cache rien ; on ne l’en aime que davantage.

  • Journal, de Julie Delporte

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    Journal, de Julie Delporte

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    Journal, de Julie Delporte

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D’abord publié en ligne au jour le jour, puis en France en 2014, ce petit bijou vient d’être réédité par l’éditeur québécois Pow Pow, qui en a racheté les droits.

Pour Julie Delporte, cette réédition a été l’occasion de replonger, dix ans après sa rédaction, dans l’une de ses œuvres fondatrices.

« Ce livre témoigne de la naissance de l’artiste que je suis aujourd’hui... », écrit-elle d’ailleurs en préambule. Pour le lecteur, c’est l’occasion de réfléchir aux grands et petits deuils qui jalonnent tout parcours.

Pas de doute, ce Journal est un véritable baume pour l’âme. À lire et à relire.

★★★★

Journal. Julie Delporte. Éditions Pow Pow. 192 pages.

Le saviez-vous ? 

PHOTO FOURNIE PAR LES ÉDITIONS DUPUIS

Dans le secret des labos

Cet album graphique de vulgarisation scientifique paru à petites doses dans le Journal Spirou a des airs de famille avec les fameuses collections Que sais-je ? ou Le saviez-vous ?

L’auteur nous emmène dans des lieux inédits de France, qu’il représente assez fidèlement au crayon. Les débuts sont plus arides, vu que Jean-Yves Duhoo s’insinue dans les laboratoires de l’Observatoire de Paris ou encore de la Faculté des sciences d’Orsay, où il est question des trous noirs, de cosmologie ou du temps atomique. Autant de sujets fascinants, qui peuvent être rébarbatifs à force d’être si pointus.

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Dans le secret des labos, de Jean-Yves Duhoo

Heureusement, Duhoo investit d’autres lieux qu’il décortique avec la même passion de savoir. C’est le cas de tout le chapitre sur le génie humain, où l’on perce les secrets de la fontaine des jardins de Versailles, de l’acoustique de l’Opéra de Paris, entre autres, ou encore de la technologie des tunneliers, des TGV ou des capteurs solaires, plus accessibles. 

★★★½

Dans le secret des labos. Jean-Yves Duhoo. Dupuis. 192 pages.

Un feuilleton dessiné

PHOTO FOURNIE PAR KANA ÉDITEURS

Asadora !

Le mangaka Naoki Urasawa — père de la série Monster, notamment — revient avec une nouvelle héroïne qui ne s’en laisse pas imposer : Asa Asada, une fillette dégourdie, dotée d’un excellent sens de la répartie.

Planté en 1959, le récit s’ouvre sur un typhon qui sème la désolation à Nagoya. Sauvée de la mort par un ancien pilote de l’air, elle n’a qu’un objectif en tête : aider les sinistrés. Et retrouver sa famille.

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Asadora !, de Naoki Urasawa

Avec Asadora !, Urasawa propose une aventure au long cours, qui se déploiera sur plusieurs albums. Le titre de la série est d’ailleurs inspiré d’un feuilleton-fleuve télédiffusé au Japon depuis près de 60 ans.

L’auteur mêle ici drame et fantastique, l’avant-dernière case de ce premier tome laissant entrevoir l’arrivée d’une créature godzillesque dans le sillon du typhon.

Avec ses personnages attachants, son rythme haletant et son suspense en crescendo, ce manga seinen est porteur de bien des promesses. À suivre. Ça tombe bien, le tome 2 devrait arriver sous peu...

★★★½

Asadora ! Naoki Urasawa. Kana éditeurs. 210 pages.

Histoires d’Inna 

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Prénom : Inna, Tome 1. Une enfance ukrainienne

On parle bien ici d’Inna Shevchenko, militante féministe ukrainienne et figure bien connue du mouvement Femen. La jeune femme, qui aura 30 ans le mois prochain, raconte son enfance à Kherson, en Ukraine, dans les années 90.

Avant l’époque des manifestations seins nus pour protester contre l’utilisation du corps des femmes, on découvre une jeune fille timide, curieuse et brillante, qui rêve d’une carrière de journaliste — qu’elle mènera finalement à l’Université de Kiev.

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Prénom : Inna, Tome 1. Une enfance ukrainienne, d’Inna Shevchenko, Thomas Azuélos et Simon Rochepeau

Bien qu’écrit par Simon Rochepeau, le récit écrit au « je » contient tous les ingrédients de la réhabilitation. Cela dit, le personnage d’Inna Shevchenko mérite pleinement cette bio. Seulement on aurait aimé qu’elle soit moins complaisante.

Enfin, il faudra voir à la fin, si l’auteur a aussi un point de vue critique. Également, le premier tome s’arrête si brusquement, et avant même les débuts de la jeune femme avec le groupe des Femen… Va-t-il vraiment falloir attendre huit mois pour la suite ? 

★★★

Prénom : Inna, Tome 1. Une enfance ukrainienne. Inna Shevchenko, Thomas Azuélos, Simon Rochepeau. Futuropolis. 102 pages.

Quatre adresses où commander des BD

> Les Libraires

> La Librairie Z

> La Librairie Imaginaire

> Renaud-Bray