À pied, en moto ou en voiture, un couple de cyberpoliciers, ressemblant à des personnages de dessin animé, va arpenter à partir de samedi la Toile chinoise, pour aider à combattre les «activités illégales» susceptibles de s'y développer, ont annoncé des journaux mercredi.

AFP

À pied, en moto ou en voiture, un couple de cyberpoliciers, ressemblant à des personnages de dessin animé, va arpenter à partir de samedi la Toile chinoise, pour aider à combattre les «activités illégales» susceptibles de s'y développer, ont annoncé des journaux mercredi.

Ces nouvelles recrues virtuelles de la police de Pékin apparaîtront toutes les demi-heures sur les écrans des internautes branchés sur des sites basés dans la capitale, pour leur rappeler qu'une surveillance s'exerce contre les sites jugés nocifs.

Leurs cibles seront aussi bien la pornographie que les sites incitant à la sécession, aux jeux d'argent ou à la fraude, et de façon plus générale ceux «source de dommage public et de perturbation de l'ordre social», a indiqué le quotidien China Daily citant la sécurité publique de Pékin.

Mais la police virtuelle est aussi interactive: en cliquant sur ses représentants, le public pourra à son tour signaler des débordements, selon la même source.

Il ne s'agit pas de la première expérience de ce type en Chine. L'an dernier, la métropole de Shenzhen, dans le Sud, avait annoncé la création de ses propres petits héros, Jingjing et Chacha (jingcha en chinois voulant dire police).

L'introduction de leur collègues de Pékin intervient alors que la Chine est critiquée à l'étranger pour son contrôle étroit d'internet et la répression de la cyberdissidence.

En pleine polémique, Yahoo!, MSN et d'autres hébergeurs de blogs en Chine, étrangers et chinois, ont, quant à eux, signé la semaine dernière un code de conduite visant à «protéger les intérêts de l'Etat chinois», et notamment à ne pas diffuser de «messages illégaux et erronés».

Pour des organisations comme Reporters sans frontières (RSF), ce code signe la mort de la blogosphère et de l'anonymat des blogueurs.

RSF a récemment recensé 50 cyberdissidents et 30 journalistes emprisonnés en Chine, pays qui occupe le 163e rang (sur 167) dans son classement mondial de la liberté de la presse.