Gober ses ennemis pour s’armer, se transformer en machine distributrice ou en cône, affronter de petits renards ou des taureaux furieux dans des décors déjantés en 3D : on sent rapidement quand les concepteurs se sont fait plaisir dans un jeu vidéo, et Kirby and the Forgotten Land en est un exemple éclatant.

Publié le 23 mars
Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

Depuis sa première apparition sur Game Boy en 1992, cette petite boule rose multiforme nommée Kirby a été la vedette de plus d’une trentaine de jeux vidéo sur pratiquement toutes les plateformes de Nintendo. La voilà qui débarque sur la Switch avec deux nouveautés : un monde 3D et la capacité de gober des objets bien plus grands qu’elle pour se défendre.

Kirby and the Forgotten Land (le titre en anglais retenu pour le Québec, alors qu’il a été lancé en France sous le nom de Kirby et le Monde oublié) reprend l’essence de la série. On doit y affronter de mille et une façons des ennemis de toutes sortes, résoudre des énigmes et récolter étoiles, pièces ou trésors pour avancer jusqu’à un « boss » plus difficile pour boucler un niveau.

Post-apocalypse sans zombies

Jusqu’ici, on est dans le design classique à la Nintendo. Mais il suffit de quelques minutes pour constater qu’on y a injecté, comme si c’était possible, une dose supplémentaire d’imagination. Kirby-la-petite-boule-rose se retrouve catapultée dans un monde étranger en passant dans un vortex. Elle atterrit d’abord dans une ville abandonnée des humains, qui a presque des allures post-apocalyptiques du style The Last of Us, mais où les zombies ont été remplacés par des bestioles qui ne donneront pas trop de cauchemars.

Par la suite, de tableau en tableau, on se retrouve dans un centre commercial, des îles aux allures tropicales, un parc d’attractions, une ville enneigée, dans des tunnels futuristes bardés de néons ou des usines. Le but ici est de sauver de petits êtres appelés Waddle Dees, mis en cage et qu’on a cachés dans tous les recoins de ces mondes en 3D.

SAISIE D’ÉCRAN

Précisons ici qu’il ne s’agit pas réellement de mondes ouverts où l’exploration est illimitée. Le chemin est bien tracé et vous ne pouvez passer que par des entrées bien identifiées. Le 3D, ici, vous permet de varier les prises de vue de la caméra, de prendre les obstacles de différentes façons pour attaquer, gober, sauter et récolter.

Les joies du transmorphisme

Mais assez de présentations, parlons de ce qui fait réellement le charme de Kirby and the Forgotten Land : la mécanique de jeu. Elle est carrément délirante. Si un petit chevalier armé d’une épée où un bonhomme de feu vous attaque, vous l’avalez et acquérez son arme. On dispose ainsi au fur et à mesure de l’aventure de bombes, tornades, marteaux, carabine en forme de trompette. Certains peuvent être améliorés lorsqu’on tombe sur des plans.

D’autres formes plus grosses, une fois avalées, permettent à Kirby de se « transmorpher ». Il devient alors aussi gros que l’auto, les gradins, le tuyau, l’ampoule géante ou la bombe à eau avalés, et peut rouler, forer, avancer à grands pas, écarter ses ennemis pour se faire un chemin. Taureaux, renards, champignons, gorilles, crocodiles et tatous géants, serpents, formes tigrées, à poil ou à écailles, il y en a pour tous les goûts, la plupart assez faciles à combattre, certains demandant quelques essais.

SAISIE D’ÉCRAN

Si vous êtes un escalier, une voiture ou une distributrice, vous roulez, tirez des canettes ou avancez pour écraser ceux qui vous bloquent le passage. Quand vous êtes un cône, vous sautez sur la tête pour assommer ou défoncer un mur de pierre. Tout au long de l’aventure, vous améliorez votre score en faisant fleurir des tulipes, en allumant des lanternes et en accumulant, bien sûr, des étoiles. Votre santé se régénère quand vous avalez des récompenses comme des carottes ou des gâteaux.

Entre les niveaux, on a accès à des mini-jeux et au village des Waddle Dees où on peut acheter de la nourriture, pêcher et comparer ses statistiques avec celles des autres joueurs. On peut y jouer à deux, localement, un des deux joueurs prenant un compagnon trouvé par Kirby, Bandana Waddle Dee.

3D à maîtriser

Évidemment, comme dans tout jeu Nintendo, on ne meurt pas réellement, on ne se fait pas trop mal et on ne saigne pas du tout. Les ennemis tombent évanouis ou disparaissent, et votre Kirby revient tout simplement au début d’un combat s’il a été terrassé. Nous avons toutefois noté que les combats étaient un peu plus corsés que la norme chez Nintendo : sans être violents, on y recourt à des armes et des tactiques pas du tout enfantines. Le jeu, d’ailleurs, n’est pas recommandé aux 10 ans et moins.

Le recours à la 3D est parfois déboussolant, surtout dans les moments où il faut viser juste pour sauter ou démolir une section et que le contrôle de la caméra est minimal.

Mais ça ne gâche que très peu le plaisir que donne Kirby and the Forgotten Land. Il s’agit d’une belle surprise, qui ne réinvente pas le genre de ces quêtes typiques de Nintendo, mais séduit par sa créativité débordante.

Kirby and the Forgotten Land

IMAGE FOURNIE PAR NINTENDO

  • Développeur : HAL Laboratory
  • Éditeur : Nintendo
  • Genre : action, plateforme
  • Classement : 10 ans et plus
  • Pour 1 et 2 joueurs
  • Note : 4 sur 5
  • Sortie : 25 mars 2022
  • Prix : 79,99 $

Essayé sur une Nintendo Switch avec une copie fournie par Nintendo