(New York) Les procureurs de plusieurs États américains ont assigné Google en justice lundi, l’accusant de collecter les données de géolocalisation d’internautes même quand ceux-ci ont expressément refusé, ce que le groupe dément.

Publié le 24 janvier
Agence France-Presse

Le groupe propose notamment aux utilisateurs du système d’exploitation Android ou aux propriétaires d’un iPhone utilisant un compte Google d’activer l’option empêchant la collecte de données de géolocalisation.

Or selon le document déposé lundi par les procureurs de la capitale fédérale Washington, de l’Indiana, du Texas et de l’État de Washington, même quand l’option était activée, « Google a continué à collecter et stocker » les données relatives à la localisation des internautes.

Ces données provenaient de l’activité sur l’internet, de l’utilisation d’applications, ainsi que du Wi-Fi et d’interactions en Bluetooth.

Ce décalage entre les fonctionnalités proposées et leurs effets sur l’utilisation des données de géolocalisation a été mis au jour, en 2018, par l’agence de presse Associated Press. La dépêche publiée par AP a attiré l’attention des procureurs de plusieurs États, qui ont lancé leur propre enquête.

Selon les procureurs, la période concernée va de 2014 à 2019 au moins. Chacun d’entre eux a saisi la justice de son État et réclame aux juges d’enjoindre à Google de cesser ces pratiques.

Ils demandent également le remboursement des revenus générés grâce à la collecte et à l’utilisation des données de géolocalisation, ainsi que des amendes, d’un montant non précisé.

Sollicité par l’AFP, Google a fait valoir que l’action en justice « (s’appuyait) sur des affirmations inexactes et des assertions dépassées. Nous avons toujours intégré des options de protection des données dans nos produits et offert de contrôler efficacement les données de géolocalisation. »

« Nous allons nous défendre avec force et rétablir la vérité », a expliqué une porte-parole, qui a dressé une liste d’« améliorations » mises en place par Google « ces dernières années ».

Elle comprend notamment des options qui permettent, selon la porte-parole, d’effacer automatiquement les données de géolocalisation au fil du temps ou de faire des recherches sur une adresse ou un lieu sans que les données ne soient stockées.

Google a fait l’objet de plusieurs actions en justice ces dernières années.

En juillet, 36 États et le procureur de la capitale Washington ont attaqué la filiale d’Alphabet pour des pratiques jugées anticoncurrentielles liées à sa boutique d’applications Google Play.

Deux autres procédures sont en cours aux États-Unis concernant la position dominante du moteur de recherche de Google, et une troisième est liée à la technologie utilisée en matière publicitaire.