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KARIM BENESSAIEH
KARIM BENESSAIEH LA PRESSE

Google a lancé l'automne dernier une nouvelle mouture de son thermostat Nest, presque deux fois moins chère que les anciennes versions. Mais elle est tellement limitée qu'elle en perd beaucoup d'intérêt.

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On reconnaît instantanément le design unique d'un thermostat Nest, en forme de demi-boule vitrée sur laquelle s'affiche la température. Le tout nouveau modèle, plus petit et plus sobre, fait bonne figure au milieu de votre salon. On a toujours la forme arrondie et un écran, mais on a laissé tomber les affichages multicolores et les graduations.

Rien ne s'affiche, en fait, sur cet écran tant qu'il n'a pas détecté votre présence. Quand on s'en approche, il indique la température de consigne, celle enregistrée dans la maison et le mot « chauffage » en couleur orangée avec une petite flamme animée si votre appareil central est en fonction.

Il faut le préciser, le Nest n'est utile qu'avec un chauffage central et doit être raccordé à un bas voltage de 24 volts. Il n'existe pas de version à 3000 ou 4000 watts pour plinthes chauffantes.

La première manifestation d'intelligence, c'est qu'il vous indiquera tout en bas de l'écran dans combien de temps vous atteindrez la température souhaitée. Notre Nest a compris après quelques jours qu'augmenter la température de deux degrés dans la maison demandait de une à deux heures.

Pour augmenter ou baisser manuellement la température de consigne, il faut doucement flatter le côté droit du thermostat vers le haut ou vers le bas. En tapotant deux fois, on a accès à un deuxième écran qui affiche un peu plus d'informations. On y voit l'heure, la température et les conditions extérieures ainsi que le taux d'humidité dans la maison.

Le Nest se configure entièrement avec l'application Home de Google. Il s'agit d'ailleurs d'une première pour ces thermostats qui utilisaient jusqu'à maintenant l'application originale Nest, même depuis que Google a racheté l'entreprise en 2014. C'est donc dans l'application Home qu'on peut configurer minimalement son thermostat. On peut notamment lui ordonner de baisser la température s'il n'y a personne à la maison, ce qu'il détecte par géolocalisation par les téléphones qu'on lui associe.

C'est ce mode appelé « Éco » qui permettrait, selon Google, des économies de 10 % à 12 % sur la facture de chauffage.

C'est également avec l'appli Home qu'on peut programmer les cycles de chauffage. Il en propose un dès l'installation, que nous avons gardé, où la température de nuit ou durant la journée de travail est de 20 °C, et remontre à 22 °C quand toute la famille se lève ou revient à la maison.

Évidemment, ce thermostat peut obéir aux commandes vocales de l'assistant Google, et même d'Alexa, d'Amazon. On peut en fait lui demander de régler une certaine température ou simplement s'informer de la température à l'intérieur de la maison.

Pour avoir une bonne idée de votre facture d'électricité, on peut obtenir avec l'appli Home des graphiques détaillant la consommation par jour, par semaine ou par mois. Pour les plus curieux et les informaticiens patentés, on peut même télécharger des fichiers en format jsonl ou csv.

On aime moins

On a beau chercher, il n'y a aucune trace d'apprentissage dans ce thermostat, à part la prévision très vague du temps nécessaire pour atteindre la température demandée. Curieux choix pour une marque qui a fait sa niche avec cette capacité. On parle quand même d'un thermostat vendu 179,99 $. Jamais notre Nest ne s'est adapté, par exemple, à la présence de plusieurs humains dans la maison à l'heure du dîner, ou au fait qu'un d'entre eux était le plus souvent à l'intérieur, télétravail oblige.

L'affichage principal n'est pas configurable. D'abord, il s'éteint après quelques secondes et ne s'allume que s'il détecte une présence à proximité. Ensuite, on n'y retrouve que quelques informations de base - essentiellement la température de consigne et celle à l'intérieur -, et c'est tout. On ne peut rien y changer, on ne peut y ajouter l'humidité et la température extérieure ou laisser l'écran allumé en permanence ou selon un horaire.

Contrairement aux Nest plus coûteux, on ne peut ajouter un détecteur de température secondaire. Cette possibilité est bien utile quand votre thermostat principal se trouve à un endroit peu approprié, au-dessus d'appareils qui émettent de la chaleur comme une télévision ou une console de jeux vidéo.

Ce Nest plus abordable est nettement moins joli côté design. Et pour qu'il cache bien les imperfections du mur où on l'installe, il faut commander une plaque supplémentaire en plastique au coût de 19,99 $.

On note qu'il n'est pas compatible HomeKit. Pas moyen de le contrôler avec Siri.

On achète ?

On ne peut reprocher à ce thermostat un manque de fiabilité, deux mois d'essai nous l'ont confirmé. Et il offre des fonctions plutôt intéressantes, notamment la géolocalisation, l'historique et le contrôle par la voix ou par l'appli Home. Soyons clair, il s'agit d'un bon thermostat pour chauffage central.

Mais cette version abordable a tellement été dépouillée de ses capacités qu'elle déçoit. Pour un prix légèrement inférieur et moins d'irritants, les thermostats intelligents de Sinopé nous semblent plus recommandables. Et si vous acceptez de payer plus, l'Ecobee et le Nest Learning sont plus satisfaisants.

Fiche : Nest (2020)

Fabricant : Google

Prix : 179,99 $

Note : 3,5 sur 5