(Vancouver) Lush Cosmetics désactivera ses comptes de réseaux sociaux plus tard cette semaine dans le but d’amener les entreprises technologiques à rendre les plateformes en ligne plus sûres.

Tara Deschamps La Presse Canadienne

Le détaillant britannique, qui vend des produits pour le bain et le corps et qui a une forte présence au Canada, a annoncé lundi son intention de cesser de publier sur ses comptes Instagram, Facebook, TikTok et Snapchat d’ici vendredi.

La société, qui a comparé les médias sociaux à « une ruelle sombre et dangereuse », a déclaré que la décision de désactiver ses comptes est destinée à s’attaquer aux problèmes de santé mentale des consommateurs et qu’il n’y aura pas de retour en arrière à moins que les plateformes ne deviennent plus sûres.

« Il existe désormais des preuves accablantes que nous sommes mis en danger lorsque nous utilisons les réseaux sociaux », a déclaré le cofondateur de Lush, Mark Constantine, dans un communiqué de presse.

« Je ne suis pas disposé à exposer mes clients à ce préjudice », a-t-il ajouté, estimant qu’« il est temps » d’agir.

Facebook et Instagram ont refusé de commenter la campagne de Lush, tandis que Snapchat et TikTok n’ont pas immédiatement répondu à une demande de La Presse Canadienne.

Au lieu d’utiliser les plateformes de réseaux sociaux, Lush investira dans de nouvelles façons de connecter avec ses clients et, pour l’instant, il se trouve toujours sur Twitter et YouTube.

Lush a déjà tenté de quitter les réseaux sociaux en 2019 en désactivant uniquement ses comptes du Royaume-Uni, mais est revenu sur les plateformes au début de la pandémie de COVID-19.

Lush désactive à nouveau ses comptes et l’applique aux 48 pays dans lesquels il opère, car sa « détermination a été renforcée » par des informations provenant de lanceurs d’alerte qui ont récemment exposé les préjudices auxquels les jeunes sont confrontés en raison d’algorithmes et d’une « réglementation laxiste ».

Au cours des derniers mois, la lanceuse d’alerte de Facebook Frances Haugen a accusé l’entreprise de privilégier l’engagement et la croissance du nombre d’utilisateurs plutôt que la sécurité en ligne.

Des documents récoltés par l’ancienne ingénieure informatique de Facebook ​​suggèrent que le géant des réseaux sociaux était au courant des dommages causés par ses produits et a n’a généralement rien fait, ou si peu, pour les atténuer.

Courtney Radsch, une senior fellow du Center for International Governance Innovation, a déclaré qu’il était difficile de dire à quel point Lush aura du succès avec sa démarche, car il n’a pas publié de liste spécifique de ses demandes aux compagnies qui exploitent les réseaux sociaux.

Amener les platesformes à agir, a-t-elle déclaré, est généralement un « long labeur » rendu plus difficile parce que « quelques platesformes de médias sociaux ont pris le monde en otage en devenant les jardins clos où se déroule toute notre communication ».

Des entreprises ont déjà essayé de pousser Facebook à adopter des politiques plus favorables aux consommateurs, mais le géant technologique n’a pas cédé.

Par exemple, les sociétés de vêtements de sport de Vancouver Lululemon Athletica, Mountain Equipment Co-op et Arc’teryx ont retiré leurs publicités payantes de Facebook en juillet 2020 dans le cadre d’un boycott mondial StopHateForProfit soutenu par Coca-Cola, Unilever, Honda America, Patagonia et d’autres.

Ces entreprises voulaient boycotter Facebook parce qu’elles pensaient qu’il n’avait pas fait sufisamment pour empêcher les contenus racistes, faux et dangereux ou les suprémacistes blancs de sa plateforme.

Le site Web de StopHateForProfit affirme que des études achevées depuis le boycott ont révélé qu’« aucune plateforme n’avait apporté de changements structurels significatifs » et que Facebook avait fait le moins de progrès pour répondre aux demandes de la coalition.

Jusqu’à présent, aucune entreprise ne s’est jointe à la bataille de Lush, ce qui pourrait atténuer l’efficacité de la campagne.

« Les entreprises attendront de voir quel type de couverture cela générera en termes de couverture médiatique gratuite gagnée par Lush par rapport à l’obligation de dépenser en publicité juste pendant la période des fêtes », a déclaré Mme Radsch.

« Et bien sûr, ils voudront également voir l’impact sur les ventes et les revenus », a-t-elle ajouté.