(New York) Réagissant à une série de témoignages accablants voulant que ses plateformes nuisent aux enfants, Facebook installera diverses fonctions visant à inciter les jeunes à prendre une pause ou les convaincre de ne plus regarder constamment un même contenu qui ne serait pas propice pour eux.

Anne D’innocenzio Associated Press

L’entreprise prévoit mettre en place de nouvelles mesures facultatives de contrôle pour les parents afin que ceux-ci puissent superviser ce que font leurs enfants sur les réseaux sociaux.

Ces mesures sont annoncées après que Facebook eut décidé de suspendre la mise en place de son projet d’Instagram pour enfants.

Le vice-président pour les affaires mondiales de Facebook, Nick Clegg, a décrit les nouvelles fonctions de contrôle dans diverses émissions dominicales d’affaires publiques, comme State of the Union de CNN et This Week with George Stephanopoulos d’ABC.

M. Clegg a dû défendre l’utilisation d’algorithmes et le rôle de l’entreprise dans la diffusion d’informations erronées préjudiciables avant les émeutes du Capitole du 6 janvier.

« Nous améliorerons constamment nos produits, a déclaré Clegg à l’émission State of the Union. Nous ne pouvons pas d’un coup de baguette rendre la vie de chacun parfaite ou faire en sorte que nos produits soient sûrs et agréables à utiliser. »

M. Clegg a rappelé que Facebook avait investi 13 milliards au cours des dernières années pour assurer la sécurité de la plateforme. Il a ajouté que 40 000 employés de l’entreprise s’occupaient de ces questions.

Il a affirmé qu’il y aurait plus de désinformation, plus de discours haineux sur les plateformes sans les algorithmes qui servaient de « filtres antipourriels géants ».

Les détracteurs reprochent à l’entreprise son manque de précision et expriment leur scepticisme quant à l’efficacité des nouvelles fonctionnalités.

Une lanceuse d’alerte, Frances Haugen, une ancienne employée de Facebook, a témoigné la semaine dernière devant le Congrès pour accuser l’entreprise de ne pas avoir modifié sa plateforme d’Instagram même si des recherches internes avaient démontré qu’elle pouvait causer du tort à certains adolescents.

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La lanceuse d'alerte Frances Haugen

Ces accusations étaient étayées par des dizaines de milliers de pages de documents qu’elle avait copiées avant de quitter son emploi.

Josh Golis, le directeur général de Fairplay, un organisme de surveillance du secteur du marketing pour enfant, dit douter de l’efficacité des mesures de contrôles visant à aider les parents à superviser les activités de leurs adolescents et à convaincre les jeunes de prendre une pause. Il argue que de nombreux jeunes ont créé des comptes secrets à l’insu de leurs parents.

Selon lui, Facebook doit montrer exactement comment l’entreprise mettrait en œuvre ces nouvelles fonctionnalités.

« Il y a d’énormes raisons d’être sceptique », dit-il.

La sénatrice démocrate Amy Klobuchar a déclaré dimanche qu’il était temps de mettre à jour les lois sur la confidentialité des enfants et d’offrir plus de transparence dans l’utilisation des algorithmes.

« Je le sais gré de vouloir parler de ces choses, mais il faut cesser de le faire à un moment donné, a-t-elle dit. Il est temps d’agir. »