Après des mois de mystère, le studio Eidos-Montréal a dévoilé dimanche sa grande production en cours : il s’agit d’une relecture des Gardiens de la galaxie, une toute nouvelle franchise en jeu vidéo présentée comme « une aventure très axée sur le narratif ».

Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

« Ce n’est pas un jeu centré sur les mécaniques. On a vraiment construit une histoire étoffée, explique en entrevue Jean-François Dugas, directeur créatif sénior d’Eidos-Montréal. On l’a découpée en chapitres comme dans les comic books, où tu arrives à la fin et, suspense, tu veux savoir ce qui va arriver après. »

« Les personnages sont drôles, mais ce n’est pas parce qu’ils essaient de l’être, ce n’est pas de la comédie un peu facile, renchérit Patrick Fortier, directeur de la jouabilité sénior. Ils sont drôles parce qu’ils sont fidèles à eux-mêmes. »

Eidos-Montréal, à qui on doit notamment les derniers épisodes de Lara Croft dans Tomb Raider, Deus Ex et Marvel’s Avengers, s’est donc associé une deuxième fois au mythique studio Marvel pour un nouveau jeu dont la sortie est prévue en octobre prochain.

Un premier AAA

Dans Marvel’s Guardians of the Galaxy, le joueur incarne un des cinq membres de ce groupe bigarré, Peter Quill, surnommé Star-Lord et chef autoproclamé du quintette.

Il est accompagné par une guerrière dotée de capacités de régénération, Gamora, d’un petit être poilu, acariâtre et patenteux aux allures de raton laveur, Rocket, du dernier survivant d’une race d’arbres mobiles, Groot, et du brutal Drax. Les Gardiens de la galaxie sont apparus pour la première fois dans une bande dessinée de Marvel en 1969, mais le quintette moderne a été formé en 2008. Deux films, sortis en 2014 et en 2017, ont repris leurs aventures. Un jeu vidéo en cinq épisodes, développé par Telltale Games, est également sorti en 2017.

Avec Marvel’s Guardians of the Galaxy, Eidos-Montréal est le premier studio à offrir un jeu vidéo AAA avec cette franchise.

Les journalistes ont pu visionner 18 minutes de cette production, au graphisme époustouflant, où les combats alternent avec les discussions loufoques entre personnages, le tout sur un fond musical très dynamique.

On a pu avoir un aperçu de la mécanique de jeu, typique du genre aventure-action avec des améliorations graduelles glanées pendant les missions. On trouve à quelques occasions des choix en vertu desquels le joueur pourra décider de l’évolution de l’histoire. Fait à noter, les acolytes de Peter Quill participent réellement aux combats, ils peuvent abattre des ennemis et doivent être secourus.

« Ils font vraiment partie de l’action, ça coule bien, on voit qu’ils sont assez intelligents pour se positionner, précise Patrick Fortier. Le but du jeu est de trouver une synergie entre tes actions et d’aider tes Gardiens sur le champ de bataille. »

« On a travaillé en collaboration avec Marvel Entertainment pour vraiment trouver la recette qui nous donnerait une version très fraîche, unique des Gardiens de la galaxie, explique M. Dugas. Ils ont été capables de nous aider à vraiment cerner les meilleures décisions qu’on pouvait prendre du point de vue créatif, pour créer un jeu unique qui plaira aux fans de jeux vidéo, puis aux fans de Marvel partout dans le monde. »

Réveiller l’entité

On s’est longuement attardé à définir l’histoire et la personnalité de chaque membre du quintette, que le producteur créatif décrit comme « un groupe de négligés, l’équipe B qui n’est pas vraiment des héros ».

L’histoire se passe une décennie après une grande guerre qui a tout ravagé, dans une galaxie qui peine à se relever. Les cinq personnages se sont associés pour de menues missions, parfois louches, pour faire de l’argent, chacun utilisant ses talents. Jusqu’au jour où un pari entre Peter Quill et Rocket le faux raton réveille accidentellement une ancienne entité qui va menacer toute la galaxie.

Le personnage principal, Peter Quill, a grandi sur Terre dans les années 1980 avant d’être enlevé par des extraterrestres. « Son schéma de référence en termes de culture générale et sociale est ancré dans les années 1980, explique M. Dugas. Il n’est pas nécessairement à jour, il est un peu maladroit, mais malgré tout, c’est quelqu’un de séducteur, un peu enjôleur. Il pense toujours qu’il peut s’en sortir un peu avec son charme mais, comme vous allez le voir dans le jeu, ça ne marche pas toujours… »

Drax a un passé douloureux, ayant perdu sa femme et son enfant et provenant d’une culture tribale axée sur le combat. Rocket a été créé en laboratoire et ne sait pas vraiment d’où il vient, mais est très proche de Groot, dont la planète a été détruite.

« Le leader autoproclamé est entouré de ces personnages très éclectiques, avec des personnalités très fortes, précise M. Dugas. C’était la meilleure façon de raconter l’histoire qu’on a créée, de faire vivre l’expérience des Gardiens, de faire en sorte que le joueur soit au centre de l’expérience. »