(Royan) Un avion hybride électrique capable de transporter 10 passagers : la société Voltaéro a lancé mercredi le vol inaugural de cet aéronef du futur, une « première mondiale », qui a décollé de Royan, avant d’entamer un tour de France.

Agence France-Presse

« À ma connaissance, il s’agit d’une première mondiale, confie à l’AFP Didier Esteyne, pilote d’essai et cofondateur de la société Voltaéro, à l’origine de ce vol inaugural depuis la Charente-Maritime.  

PHOTO MEHDI FEDOUACH, AFP

Un technicien vérifie la charge des batteries de l'avion hybride expérimental Cassio 1 à l'aérodrome de Royan-Médis, sur la côte Atlantique, à 110 km au nord de Bordeaux.

 « Beaucoup de gens à travers le monde se sont lancés dans les motorisations 100 % électriques, mais pas dans l’hybridation moteur thermique et moteur électrique », explique-t-il.

Le pilote et l'autre cofondateur de Voltaéro, Jean Botti, veulent lancer en 2022 une gamme de trois modèles d’avions de quatre, six et dix places propulsés par cette motorisation de nouvelle génération.  

Une flotte à même « de relancer une aviation générale française pour tout le monde, voyages d’affaires, de loisirs ou commerciale », espère Jean Botti, qui, comme son partenaire d'affaires, est un ancien cadre chez Airbus.

Ce mercredi, le Cassio 1, un Cessna 337 de six places transformé « en banc d’essai volant », selon Didier Esteyne, a assuré ce premier vol mais ce sera son successeur, le Cassio 2, aux lignes et aux hélices modernes dessinées par Voltaéro, qui sera commercialisé dans une fourchette de prix allant de 700 000 euros (1,1 million de dollars canadiens) à 2,3 millions d’euros (3,6 millions de dollars canadiens) selon le modèle, annonce Jean Botti.  

Si pour les modèles de quatre et six places une licence de pilote privé classique suffira, la licence commerciale sera exigée pour la version dix places.

Autonomie de 1200 km

Avec un moteur thermique couplé à cinq moteurs électriques, dont trois capables aussi de générer de l’électricité pour alimenter l’ensemble en énergie, le Cassio 1 « a la puissance pour transporter dix personnes et l’autonomie pour voler 1200 kilomètres ou pendant trois heures et demi », assure Jean Botti. « Il sera très compétitif pour des liaisons entre Bordeaux et Lyon par exemple », fait-il valoir.

Voltaéro prévoit également de fonder une école pour former pilotes et mécaniciens. « Ce sera impératif pour savoir utiliser les batteries de haut voltage – je parle de 500 volts par batterie et d’une batterie par moteur – et maîtriser une puissance de 800 chevaux au total. Nous vendrons la formation avec l’avion », développe Jean Botti.

Pour faire encore la démonstration que le Cassio 2 sera l’avion propre et beaucoup moins bruyant que toute l’aviation attend, le duo va se lancer dans une quinzaine de jours dans un tour de France qui débutera à Vannes (Morbihan) et marquera onze étapes à Tours (Indre et Loire), Le Havre (Seine-Maritime), Toussus-le-Noble (Yvelines), près de Paris, puis Troyes (Aube), Dijon (Côte-d’Or), Annecy (Haute-Savoie), Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Nîmes (Gard), Toulouse (Haute-Garonne) et enfin Angoulême (Charente).