En lançant une liseuse d’entrée de gamme à bon prix, la Nia, Kobo a fait une croix sur bien des fonctions qui étaient appréciées. Dommage.

Karim Benessaieh Karim Benessaieh
La Presse

On aime

Le principal argument de vente de la toute dernière liseuse de Kobo, la Nia, est son prix. À 129,99 $, elle est la moins chère proposée par l’entreprise canadienne rachetée par la japonaise Rakuten en 2012. Elle coûte toutefois 10 $ de plus que sa principale rivale, la Kindle de base d’Amazon.

À ce prix, on obtient une jolie liseuse noire dotée d’un écran tactile de 6 po et d’une résolution de 212 ppp, supérieure aux 167 ppp de la Kindle. Sa capacité est de 8 Go, soit autour de 6000 livres. De quoi vous assurer de ne pas manquer de lecture partout où vous irez.

Elle est rétroéclairée avec une lumière d’une intensité ajustable appelée par Kobo ComfortLight. Son écran antireflet permet de lire sans problème en plein soleil, bien mieux que ce qu’on peut faire avec une tablette.

À 172 g, avec une taille de 11,2 cm sur 15,9 cm, cette petite liseuse se tient bien en main. Sa batterie de 1000 mAh promet « des semaines d’utilisation », une affirmation à prendre avec des pincettes puisqu’elle dépend beaucoup de votre appétit de lecteur et de l’utilisation du rétroéclairage. Dans notre cas, il a fallu la recharger après deux semaines.

Assez parlé quincaillerie, soulignons l’argument qui est, selon nous, le meilleur pour acheter une Kobo : sa compatibilité avec tous les formats. Les e-pubs et les PDF sont bien entendu acceptés, mais également les livres verrouillés qu’on peut emprunter à la bibliothèque. On peut théoriquement télécharger directement ses livres de la bibliothèque en utilisant Overdrive avec la Kobo Nia, mais l’offre québécoise est tellement famélique que cette fonction vaut à peine d’être mentionnée.

PHOTO FOURNIE PAR RAKUTEN KOBO

L’argument qui est, selon nous, le meilleur pour acheter une Kobo : sa compatibilité avec tous les formats. Les e-pubs et les PDF sont bien entendu acceptés par la Kobo Nia, mais également les livres verrouillés qu’on peut emprunter à la bibliothèque.

Grande nouveauté depuis la mi-juillet au Canada, Kobo offre maintenant un accès à une bibliothèque de plusieurs centaines de milliers de livres, Kobo Plus, pour la somme de 9,99 $ par mois. L’essai gratuit d’un mois n’est malheureusement pas offert au Québec.

Kobo nous a assuré que « des dizaines de milliers » de livres sont disponibles en français. Nous avons en tout cas trouvé sans peine les sorties québécoises les plus récentes.

Enfin, la navigation dans la Kobo Nia, comme chez ses prédécesseurs, peut être configurée à volonté. On peut avancer d’une page en tapant en bas, à droite ou à gauche, selon ses préférences.

On aime moins

Notre première déception, c’est qu’on a éliminé le filtre de lumière bleue, qui donnait une jolie couleur orangée si reposante, devenue un must pour quiconque lit dans la pénombre.

Les boutons mécaniques réapparus avec la Kobo Forma en 2018 ont encore été abolis. On les aime bien, ces boutons, plus efficaces que le tapotage tactile qu’on utilise de temps en temps.

La Kobo Nia n’est pas à l’épreuve de l’eau. Par ailleurs, elle utilise encore la satanée prise micro USB de type B, celle qu’on ne sait jamais dans quel sens il faut la brancher. Pitié, on est en 2020, la USB-C a réglé ce problème.

Il n’y a toujours aucun moyen d’envoyer ses propres livres dans sa liseuse sans la brancher à un ordinateur. L’utilisation de Dropbox permise avec la Kobo Forma n’a pas été étendue à d’autres modèles.

Enfin, la sensibilité tactile de l’écran et la rapidité du processeur nous semblent toujours inférieures à ce qu’offrent Amazon et ses Kindle. On ne s’attend pas à jouer à Fortnite sur une liseuse, mais il faut être patient pour effectuer une recherche ou créer une collection directement sur sa Kobo Nia.

On achète ?

Pas sûr. Kobo a tellement élagué les fonctions pour offrir la Nia à bon prix qu’on se demande si elle a encore une identité. En ce qui nous concerne, la disparition du filtre de lumière bleue et des boutons mécaniques est une bien mauvaise idée.

Mais soyons juste, il s’agit d’un appareil fiable et polyvalent offert à un prix plus que décent.

Le lecteur qui veut bien entrer dans l’écosystème Amazon aura toutefois un produit globalement supérieur, pour 10 $ de plus, avec la Kindle Paperwhite. Chez Kobo, nous suggérons de payer un peu plus cher et d’y aller avec la jolie Clara HD ou la Libra H20.

Kobo Nia
Fabricant : Rakuten Kobo
Prix : 129,99 $
Note : 3 sur 5