(Pékin) La Chine s’en est prise mercredi à la décision de la Grande-Bretagne de mettre à l’index les équipements de Huawei, estimant que Londres avait été « berné » par les États-Unis.

Agence France-Presse

Par une décision saluée à Washington, le gouvernement britannique a choisi mardi d’exclure d’ici à 2027 les équipements du géant chinois des télécoms de son réseau 5G, la nouvelle génération de l’internet mobile.

En réponse, la Chine « prendra une série de mesures pour défendre les droits et les intérêts légitimes des entreprises chinoises », a averti devant la presse la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying.

« Il y a un prix à payer » pour cette décision, a-t-elle ajouté sans plus de précisions.

La Maison-Blanche, qui soupçonne Huawei d’espionnage potentiel au profit de Pékin, s’est félicitée mardi du choix de Londres, qui « reflète un consensus international grandissant sur le fait que Huawei et d’autres acteurs représentent une menace pour la sécurité nationale, car ils restent redevables au Parti communiste chinois ».

La porte-parole chinoise a accusé Londres d’avoir agi « en coordination avec les États-Unis pour discriminer, réprimer et éliminer » Huawei.

« Que veut vraiment le Royaume-Uni ? Conserver son point de vue indépendant ? Ou être réduit à un État vassal, qui se fait délibérément berner par les États-Unis ? », a feint de s’interroger Hua Chunying.

La décision britannique pourrait porter un coup aux investissements chinois en Grande-Bretagne, au moment où Londres compte sur le reste du monde pour compenser l’effet de sa sortie de l’Union européenne.

Or, la mise à l’écart de Huawei « menace gravement la sécurité des investissements chinois au Royaume-Uni », a remarqué Mme Hua.

« Cela pose la question de savoir si nous pouvons compter sur le fait que le marché britannique reste ouvert, équitable et sans discrimination », a-t-elle martelé.

« Nous avons également rappelé à toutes les entreprises chinoises d’attacher une grande importance aux risques politiques croissants auxquels elles peuvent être confrontées au Royaume-Uni », a rapporté la porte-parole de Pékin.