(San Francisco) Des associations de lutte contre les inégalités raciales exhortent Amazon à cesser toute collaboration technologique avec la police américaine, alors que les manifestations continuent aux États-Unis contre les violences policières et le racisme.

Agence France-Presse

Le géant américain du commerce en ligne, du cloud (informatique à distance) et des technologies « alimente et profite de l’injustice systématique, des inégalités et des violences contre les communautés noires », accuse leur pétition mise en ligne mardi.

Des organisations comme l’American Civil Liberties Union (ACLU) appellent depuis deux ans Amazon à cesser de fournir sa technologie de reconnaissance faciale à la police.

« Amazon a longtemps cherché à être la colonne vertébrale technologique de la police et de l’ICE (police de l’immigration, NDLR) en promouvant activement Amazon Web Services (cloud), son logiciel de reconnaissance faciale (Rekognition) et ses caméras de surveillance (Ring) », détaille le communiqué distribué par Athena, un collectif d’associations qui soulignent les impacts négatifs du groupe, de l’environnement aux conditions de travail.

Les activistes accusent Amazon de « contribuer à la criminalisation des communautés de couleur ».

Il y a deux semaines, la mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié sous le genou d’un policier blanc, a entraîné une vague de colère et d’indignation à travers les États-Unis.  

Dans la rue et sur les réseaux sociaux, les manifestants exigent notamment des réformes en profondeur de la police et des systèmes de surveillance dont ils estiment qu’ils ciblent les Noirs de façon disproportionnée.

« Le traitement brutal et non équitable des personnes noires dans notre pays doit s’arrêter », a tweeté le groupe, le 31 mai. « Nous sommes solidaires avec la communauté noire – nos employés, nos clients et nos partenaires – dans la lutte contre le racisme systémique et l’injustice ».

« Les tweets et les donations symboliques ne signifient rien de la part d’une entreprise en connivence avec les agents et institutions du racisme systémique », a réagi Myaisha Hayes, directrice de la stratégie chez MediaJustice, l’une des associations signataires de la pétition.  

En octobre dernier, Amazon avait reconnu que « comme toutes les technologies, la reconnaissance faciale […] peut être mal utilisée » et assuré que ses équipes fournissaient des indications à tous les clients du (logiciel) Rekognition, « y compris les forces de l’ordre, sur la bonne manière de s’en servir ».

Amazon n’a pas immédiatement réagi aux sollicitations de l’AFP.

Lundi, IBM a annoncé suspendre la vente de logiciels de reconnaissance faciale à des fins d’identification et s’est « opposé à l’utilisation de toute technologie à des fins de surveillance de masse, de profilage racial et de violations des droits et libertés humaines de base ».