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Canada: Facebook bannit six groupes et individus «dangereux»

Faith Goldy, ancienne candidate à la mairie de... (PHOTO PC)

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Faith Goldy, ancienne candidate à la mairie de Toronto, a été bannie par Facebook.

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Critiqué à travers le monde pour sa gestion des contenus extrémistes, Facebook a décidé de sévir au Canada : quatre groupes et deux individus considérés comme « dangereux » ont été bannis du réseau social.

Plus connus au Canada anglais qu'au Québec, Faith Goldy, Kevin Goudreau, le Front nationaliste canadien, Aryan Strikeforce, Wolves of Odin et Soldiers of Odin « se sont vus interdire toute présence sur [les] services » de Facebook, incluant Instagram et Messenger, selon une note envoyée aux médias lundi.

« Les individus et les organisations qui propagent la haine, les attaques ou appellent à l'exclusion des autres sur la base de qui ils sont n'ont pas leur place sur Facebook, a déclaré par courriel un porte-parole du réseau social. Les personnes et les organisations que nous avons bannies [lundi] violent cette politique, et elles ne seront plus autorisées à être présentes sur nos services. »

IA et experts

Marchant manifestement sur des oeufs, Facebook ne donne pas plus de détails sur les raisons qui ont mené à sévir contre ces groupes et individus en particulier. Aucun porte-parole du réseau social n'a également voulu être formellement identifié.

On donne cependant quelques détails sur les méthodes utilisées pour repérer les messages qu'on considère comme indésirables. Ainsi, « nous savons que les gens font intentionnellement des fautes d'orthographe et utilisent des variantes du discours haineux traditionnel pour essayer de déjouer le système », peut-on lire. Le réseau compte sur ses propres experts « qui se consacrent à suivre les tendances de la propagande haineuse et de la haine organisée, tant en ligne que hors ligne ». L'intelligence artificielle est utilisée, quant à elle, pour identifier les discours « haineux les plus ignobles » qui seront par la suite examinés par des employés de Facebook.

Ces exclusions ont été décidées à la suite d'un processus qualifié d'« exhaustif », impliquant la consultation d'universitaires et organisations à travers le monde, explique-t-on. « Nous tenons compte d'un certain nombre de signaux, notamment ceux d'organisations et de leurs dirigeants qui ont préconisé ou directement perpétré des actes de violence contre des personnes en raison de leur race, leur appartenance religieuse, leur nationalité, leur appartenance ethnique, leur sexe, leur orientation sexuelle ou leur handicap ou maladie grave », indique Facebook.

On précise que ces exclusions ne sont pas nécessairement liées à « une quelconque liste d'organisations haineuses ». Enfin, « d'autres groupes sont sous la loupe de Facebook », annonce-t-on.

Au troisième trimestre de 2018, le réseau social se félicite d'avoir supprimé 2,9 millions de messages haineux.

Dans la tourmente

Cette annonce de Facebook survient le jour même où la Grande-Bretagne envisage de rendre les patrons des réseaux sociaux personnellement responsables des contenus extrémistes publiés. Selon le projet de loi déposé lundi, le gouvernement de Theresa May souhaite introduire d'ici quelques mois un « devoir de protection » qui obligerait les plateformes en ligne à s'attaquer « aux contenus violents ou incitant à la violence ou au suicide, à la désinformation, au cyberharcèlement et aux documents inappropriés accessibles aux enfants ».

Il s'agirait, selon le ministre chargé du numérique Jeremy Wright sur la BBC, d'une « première mondiale ». Jeudi dernier, l'Australie a par ailleurs adopté une loi qui oblige les plateformes en ligne à retirer rapidement le contenu jugé « violent et odieux ». Si ces sites n'obtempèrent pas rapidement, ils feront face à des amendes et leurs responsables pourraient être emprisonnés.

Cette loi a été adoptée en réponse aux attaques de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, où un suprémaciste australien a diffusé une partie de ses actes en direct sur Facebook.

-Avec l'AFP

Les six groupes et individus bannis

Faith Goldy

Commentatrice politique et reporter, elle est considérée comme une figure de la « droite alternative » canadienne et est associée au nationalisme blanc et à la théorie du complot du « génocide blanc ».

Kevin Goudreau

Se présentant comme un « nationaliste blanc », arborant une croix gammée tatouée sur la poitrine, l'objectif déclaré de ce résidant de Peterborough est d'« unir la droite » et stopper l'immigration au Canada.

Le Front nationaliste canadien

Le Canadian Nationalist Front, dont le président est Kevin Goudreau, a organisé plusieurs rallyes au Canada associés à l'extrême droite.

Aryan Strikeforce

Fondé en Grande-Bretagne au milieu des années 2000, ce mouvement néonazi avait à sa tête en 2009 Ian Davison, condamné à dix ans de prison pour avoir préparé des attentats terroristes visant des juifs, des musulmans et des Noirs.

Soldiers of Odin

Ce groupe fondé en Finlande en 2015, dans la foulée de la crise migratoire, a mis sur pied des « patrouilles de rue », affirmant protéger les résidants des menaces des immigrants.

Wolves of Odin

Basé à Edmonton, d'abord « filiale » de Soldiers of Odin avant de choisir les nouveaux noms de Wolves of Odin et Canadian Infidels, ce rassemblement anti-immigrants dénonce ceux qui « veulent imposer leurs lois et leurs idéologies » aux Canadiens.




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