(New York) Les Bourses européennes ont accueilli avec pondération jeudi une réunion sans surprise de la Banque centrale européenne (BCE) tandis que la sérénité a dominé à Wall Street en dépit d’une accélération plus forte que prévu de l’inflation en mai aux États-Unis.

Agence France-Presse

Face à un élan d’optimisme de la BCE vis-à-vis de la croissance en zone euro et au maintien de ses soutiens monétaires, les indices européens ont réagi diversement : Paris (-0,26 %) et Milan (-0,40 %) ont baissé. Francfort (-0,06 %) et Londres (+0,10 %) ont conclu proches de l’équilibre.

La Bourse de New York a conclu en légère hausse, l’indice élargi S&P 500 concluant sur un record. Le Dow Jones a grappillé 0,06 %, le NASDAQ a progressé de 0,78 % et le S&P 500 a avancé de 0,47 %.

Signe d’une économie qui redémarre, les prix à la consommation aux États-Unis ont augmenté plus que prévu en mai sur un mois (+0,6 %) après une hausse de 0,8 % en avril.

Hors alimentation et énergie, la hausse des prix à la consommation s’est élevée à 3,8 % en mai sur un an, soit la plus forte hausse depuis juin 1992. Sur un an, ils sont en hausse de 5 %, du jamais vu depuis 13 ans.

Cette publication était très attendue par les marchés qui craignent qu’une accélération de l’inflation n’aboutisse à un resserrement monétaire prématuré. Mais jusqu’ici, la Réserve fédérale américaine (Fed) assure vouloir maintenir les taux à un bas niveau tant que le plein emploi ne sera pas rétabli.

Les demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux États-Unis ont continué de reculer, avec 376 000 nouvelles inscriptions, mais moins que ne l’espéraient les analystes, suggérant qu’un retour à la normale du marché du travail n’est pas imminent.

« Si la Fed se préoccupe davantage du marché du travail et moins de l’inflation, l’accélération de la hausse des prix pourrait néanmoins devenir de moins en moins confortable pour elle », préviennent les experts d’Aurel BGC.

En zone euro, pour ne pas mettre en péril l’amorce de reprise, le conseil des gouverneurs de la BCE a maintenu jeudi son cap monétaire accommodant, fait de taux d’intérêt à leur plus bas historique et d’achats massifs de dette.

« Mais la discussion sur l’ampleur du soutien monétaire nécessaire va s’intensifier dans les semaines à venir », estime Ulrike Kastens, économiste à DWS, pour qui le « début de la sortie des politiques monétaires ultra-accommodantes devrait commencer à l’automne ».

La BCE a relevé ses prévisions de hausse des prix à la consommation à 1,9 % cette année et 1,5 % l’année prochaine, tout en répétant qu’elle ne croyait pas à un dérapage durable des prix, de quoi rassurer les marchés.

« Les marchés acceptent l’inflation si les banques centrales gardent le calme dont Mme Lagarde (la présidente de la BCE, NDLR) a fait preuve aujourd’hui », commente Jochen Stanzl, analyste de CMC Markets.

Le marché de la dette souveraine restait serein après ces annonces. Les rendements sur les bons du Trésor à dix ans, qui avaient d’abord fait preuve de nervosité en s’inscrivant en hausse à 1,51 % avant la publication de l’indice des prix, reculaient à 1,43 %.

L’automobile en panne

Après Renault (-0,42 % à 34,47 euros) et Volkswagen (-0,41 % à 230,05 euros), Peugeot et Citroën ont également été mis en examen en France dans l’enquête sur la fraude aux contrôles antipollution des anciennes générations de moteurs diesel. Leur maison mère Stellantis a perdu 1,31 % à 17 euros.

À Francfort, le reste du secteur auto peinait face à l’actuelle pénurie mondiale de puces électroniques qui plombe le secteur : BMW (-1,85 % à 92,85 euros), Daimler (-0,27 % à 78,17 euros) et Continental (-0,49 % à 128,74 euros).

Altice investit dans BT

BT a pris 6,55 % à 195,15 pence après que le milliardaire Patrick Drahi, patron du groupe de télécoms et de médias Altice, a annoncé avoir acquis 12,1 % du capital de l’opérateur britannique, devenant son premier actionnaire.

Du côté du pétrole, de l’euro et du bitcoin

Les cours du pétrole refluaient après avoir touché de nouveaux plus hauts jeudi à la suite de la publication par l’OPEP d’un rapport mensuel optimiste.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août a terminé à 72,52 dollars à Londres, en repli de 0,42 % par rapport à la clôture de la veille.

À New York, le baril de WTI pour le mois de juillet a avancé de 0,47 % à 70,29 dollars.

L’euro restait stable (-0,07 %) face au billet vert, à 1,2172 dollar.

Le bitcoin lâchait 0,36 % à 36 279 dollars.