(New York) Les prix du pétrole sont repartis nettement à la baisse jeudi dans un marché excédentaire et inquiet quant à la demande mondiale, ce qui contribuait à empêcher les cours de s’installer durablement au-delà des 40 dollars le baril.

Agence France-Presse

Le baril de WTI coté à New York pour livraison en novembre a abandonné 3,8 %, à 38,72 dollars. Il est tombé jusqu’à 37,61 dollars en séance.  

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre, dont c’était le premier jour comme contrat de référence, a fini à 40,93 dollars, en chute de 3,2 %, après être descendu à 39,92 dollars dans la journée.

Les cours de l’or noir avaient légèrement rebondi mercredi dans le sillage d’un rapport hebdomadaire américain montrant une baisse surprise des stocks commerciaux de brut aux États-Unis.

Le pétrole « a une fois de plus du mal à prendre de l’élan et le rebond d’hier s’est rapidement essoufflé », a constaté Craig Erlam, analyste de Oanda.  

Un prix autour de « 40 dollars semble être raisonnable pour l’instant […] alors que l’économie mondiale se dirige vers un hiver difficile ».

Déséquilibre offre-demande

Pour Neil Wilson, de Markets.com, « l’augmentation de la production libyenne joue » dans ce fort mouvement vers le bas, mais il « est surtout lié au sentiment général morose basé sur le déséquilibre entre l’offre et la demande, » a-t-il expliqué à l’AFP.

La Libye, mise à l’écart du marché depuis janvier en raison d’un conflit entre deux pouvoirs rivaux, voit sa production et ses exportations repartir progressivement, alors que le marché est déjà excédentaire et que chaque nouveau baril creuse un peu plus le fossé avec une demande en berne.

Du côté de la demande, le marché continue d’être lesté par « les craintes sur une nouvelle série de confinements » explique Joshua Mahony d’IG, alors que les cas de contaminations au coronavirus sont repartis à la hausse dans de nombreuses régions du monde depuis plusieurs semaines.

Mercredi, l’Agence d’information sur l’Énergie (EIA) avait quelque peu rassuré les investisseurs en indiquant dans son rapport hebdomadaire que les stocks de brut aux États-Unis avaient reculé pour la troisième semaine consécutive, de 2 millions de barils au 25 septembre.

Mais si les stocks de brut ont baissé sur l’ensemble du pays, ceux de Cushing, dans l’Oklahoma, où se situent les gigantesques cuves stockant le pétrole WTI, ont augmenté de 1,8 million de barils. De même que ceux d’essence, de 700 000 barils, alors que les analystes anticipaient une baisse.

De manière plus générale, la tendance à la hausse des prix observée depuis le printemps « s’est brutalement interrompue le mois dernier », a expliqué Tamas Varga, de PVM.

Sur le mois de septembre, le Brent a perdu 9,56 % et le WTI 5,61 %. Il s’agit du premier mois de baisse depuis avril.