La bagarre d'opinions sur le projet de fusion entre les sociétés boursières LSEG de Londres et TMX de Toronto s'est accentuée avec l'entrée en scène d'une importante firme-conseil en votes d'actionnaires.

Martin Vallières LA PRESSE

Selon la firme Glass Lewis, basée à San Francisco, une fusion entre LSEG et TMX, qui inclut la Bourse de Montréal, représente une «meilleure alternative» pour les actionnaires de TMX par rapport à l'offre d'achat présentée par le groupe Maple, qui est composé de 13 institutions financières du Canada et du Québec.

Selon Glass Lewis, dont TMX s'est empressé de distribuer l'avis hier, le plan d'affaires international proposé par LSEG et TMX aurait un meilleur potentiel que celui de Maple, qui repose sur la consolidation du marché boursier canadien.

Quant à la valeur offerte aux actionnaires de TMX, Glass Lewis estime que la transaction par échange d'actions entre LSEG et TMX repose sur une évaluation plus concrète que l'offre proposée par Maple.

Cette offre de Maple, déjà rejetée par le conseil de TMX, se compose surtout de comptant mais aussi d'un échange d'actions de TMX et de la future société Maple post-acquisition.

Mais selon Glass Lewis, beaucoup d'incertitudes persistent sur la valeur de ces futures actions de Maple au-delà de la portion au comptant de l'offre initiale, que Maple évalue en tout à 48$ par action.

En comparaison, le projet de fusion par échange d'actions entre LSEG et TMX, évaluée autour de 45$ par action, s'effectuerait avec des titres dont la valeur complète est déjà connue en Bourse à Londres et à Toronto.

Cela dit, à deux semaines d'un vote crucial des actionnaires de TMX sur le projet de fusion avec LSEG, l'influence de cet avis de Glass Lewis est difficile à mesurer.

Toutefois, Glass Lewis jouit d'une solide réputation parmi les investisseurs institutionnels qui gèrent des placements de centaines de millions de dollars, sinon des milliards.

Et avec le projet de fusion entre LSEG et TMX, l'avis de Glass Lewis est d'un intérêt singulier parce que cette firme est une propriété de l'importante caisse de retraite Teachers, de Toronto, qui participe au consortium Maple.

D'ailleurs, l'avis de Glass Lewis publicisé hier par TMX a incité le groupe Maple à réagir rapidement par communiqué.

Selon Maple, Glass Lewis s'appuie sur des éléments d'information et d'analyse financière qui seraient «profondément erronés».

Maple estime aussi que Glass Lewis minimiserait trop l'ampleur du défi réglementaire qui attend le projet de fusion entre LSEG et TMX, même au lendemain de votes positifs de leurs actionnaires le 30 juin prochain.

Dans son communiqué, Maple rappelle que les autorités boursières de deux provinces -l'AMF au Québec et la CVMO en Ontario- ont un droit de regard déterminant sur la propriété du groupe TMX.

La suite de ce débat est attendue lundi lorsque le principal instigateur du groupe Maple, Luc Bertrand, aussi vice-président du conseil de la Banque Nationale et un ex-pdg de la Bourse de Montréal, effectuera une présentation devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Plusieurs membres de la Chambre qui sont dans les secteurs financier et boursier s'inquiètent du sort de la Bourse de Montréal et son marché des produits dérivés après une mainmise sur sa société-mère, TMX, qu'elle soit d'origine canadienne ou étrangère.