Les ventes d’abonnements ont été un baume pour les stations de ski des Rocheuses qui ont connu en 2020-2021 un hiver difficile à cause des restrictions de voyage liées à la pandémie de COVID-19.

Salmaan Farooqui La Presse Canadienne

Michael Ballingall, vice-président principal de la station Big White, en Colombie-Britannique, dit que celle-ci a connu l’une de ses meilleures saisons à ce chapitre même si les ventes de billets individuels ont dégringolé d’environ 80 %.

Plusieurs résidants de la région ont décidé de s’acheter des abonnements parce que le ski était l’une des rares activités sportives permises pendant la pandémie.

« Les gens savaient que la station serait ouverte. Ils ont acheté tôt des abonnements saisonniers parce qu’ils étaient au moins certains de pouvoir pratiquer ce sport », souligne M. Balingall.

Plusieurs se sont initiés à ce sport, d’autres ont retrouvé leurs skis ou leur planche à neige après les avoir abandonnés dans un placard pendant un long moment.

Un plus grand nombre de nouveaux Canadiens se sont intéressés au sport. Un pourcentage d’entre eux est tombé amoureux du ski. On a vu plusieurs anciens skieurs et anciens planchistes retrouver la joie de dévaler les pentes. Cela a permis à notre station de renaître.

Michael Ballingall, VP principal de la station Big White

Selon des experts, ce regain d’intérêt peut laisser espérer des perspectives favorables à long terme, mais cela n’aidera pas les stations de ski à court terme d’un point de vue financier.

Les ventes d’abonnements saisonniers apportent moins de revenus qu’un billet individuel à la journée acheté par un touriste. L’association des stations de ski de l’Ouest canadien (CWSAA) rappelle qu’un touriste étranger dépensera de quatre à cinq fois plus d’argent qu’un client local.

Les experts disent que ce sont les visiteurs étrangers qui achètent des forfaits, des boissons de haute qualité ou des repas raffinés, louent des skis ou suivent des cours : tous ces petits à-côtés qui permettent à une station et une économie locale de prospérer.

Les clients canadiens, ils arrivent souvent avec leur lunch et n’ont pas besoin d’être initiés au sport ou même à la région environnante d’une station.

« Pour certaines régions, les fortes ventes d’abonnements sont une bonne chose. Mais ailleurs, elles peuvent signifier une grande perte de revenus », affirme Christopher Nicolson, le président et chef de la direction de CWSAA.

Il ajoute que ce sont les grandes villes environnantes, comme Vancouver, Calgary et Edmonton, qui ont le plus à gagner avec les ventes d’abonnements, affirmant que leur modèle d’affaires dépend moins des touristes étrangers. Ce n’est pas le cas des plus petites collectivités qui continueront à éprouver des problèmes économiques jusqu’au retour des touristes étrangers.

M. Nicolson dit ne pas s’attendre à ce que cela se produise sous peu. Selon lui, une longue période s’écoulera avant que l’affluence étrangère dans les stations de ski ne retrouve les niveaux d’avant la pandémie.

Pour Robyn Mitz, de la faculté d’hôtellerie et de tourisme du collège Selkirk, à Nelson, en Colombie-Britannique, les petites stations étudieront le nouveau modèle de vente d’abonnements pour augmenter leurs revenus.

Mme Mitz parle notamment de la mise en place de cartes d’abonnements à 10 passages.

Elle dit que les revenus provenant de la vente au détail d’équipements de ski ou de planche à neige peuvent être synonymes d’une forte demande pour les stations. Si une paire de skis n’a pas été aussi difficile à trouver qu’un vélo en 2020, plusieurs articles se sont écoulés plus rapidement qu’à l’accoutumée.