Le projet d’inscription en Bourse de l’entreprise de Longueuil kdc/one se précise et les investisseurs peuvent se préparer pour un début des transactions à la fin de la semaine prochaine.

Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

Spécialisée dans les produits de beauté et de soins personnels, kdc espère récolter approximativement 800 millions US, une somme qui servira essentiellement à réduire son niveau d’endettement.

Pour le début des transactions à New York, les banquiers de kdc souhaitent établir le prix initial de l’action dans une fourchette de 13 $ à 15 $ US. Au prix médian de cette fourchette, l’évaluation donnerait une capitalisation boursière initiale d’environ 3 milliards US à kdc.

L’entreprise a également demandé l’inscription de ses actions à la Bourse de Toronto sous le symbole boursier KDC.

Le prix initial de l’action doit être fixé mercredi prochain. D’ici là, la direction concentrera ses énergies à répondre aux questions des investisseurs dans le cadre d’un roadshow virtuel. Avant la pandémie, cette tournée des investisseurs pouvait s’étirer sur deux semaines parce que les dirigeants devaient se déplacer d’une ville à une autre pour rencontrer des investisseurs potentiels.

Avec la crise sanitaire, la durée des roadshows peut être raccourcie puisque les dirigeants n’ont pas à se déplacer autant. Les investisseurs se sont par ailleurs habitués à des présentations virtuelles, ce qui permet plus de flexibilité dans l’échéancier et la planification.

kdc/one avait déposé plus tôt cet été un prospectus provisoire précisant son intention de procéder à un premier appel public à l’épargne. Les investisseurs étant souvent moins disponibles en août pour rencontrer des dirigeants d’entreprise en raison de la période estivale, le retour du long week-end de la fête du Travail en septembre marque souvent un bon moment pour relancer les projets d’inscription en Bourse si l’humeur des marchés est favorable.

La fenêtre s’est ouverte comme l’espérait kdc et l’organisation est prête à en profiter.

Une entreprise méconnue

Fondée en 1990, kdc est encore relativement méconnue du grand public parce que ses produits (shampooings, lotions, gels, mousses, pommades, aérosols, savons, déodorants, lingettes, insecticides électriques, pulvérisateurs portables, etc.) sont notamment fabriqués pour de grandes sociétés de produits de consommation.

Le chiffre d’affaires de l’entreprise a dépassé les 2 milliards US au cours du dernier exercice financier. Si son bénéfice d’exploitation est en forte progression depuis trois ans (il frôle les 240 millions US), l’entreprise a des antécédents de pertes nettes et rien ne garantit qu’elle sera rentable à court terme. La perte nette a dépassé 125 millions US au cours du dernier exercice.

Les acquisitions ont joué un rôle important dans la croissance de kdc/one avec 16 transactions en 30 ans, dont 7 depuis deux ans.

Les deux grands actionnaires institutionnels de kdc sont Cornell Capital (43 %) et la Caisse de dépôt et placement du Québec (18 %).

L’inscription en Bourse est notamment pilotée par Goldman Sachs, JPMorgan, UBS et BMO, les principaux preneurs fermes responsables du premier appel public à l’épargne.

Plus tôt cette année, des informations obtenues par l’agence Reuters prêtaient une évaluation initiale potentielle de 5 milliards US à kdc. La différence entre cette somme et l’évaluation de 3 milliards US que tente d’obtenir kdc ce mois-ci peut s’expliquer par un écart entre la valeur de départ appelée à être fixée par les banquiers pour le début des transactions et la valeur que ces derniers croient que le marché donnera à l’entreprise à terme.

Un premier appel public à l’épargne est considéré comme un succès si l’accueil des investisseurs se traduit par une appréciation initiale raisonnable de la valeur de l’entreprise.