(Tokyo) Le japonais Sony a relevé mercredi certaines prévisions pour son exercice entamé début avril, après des ventes accrues au premier trimestre malgré la comparaison avec ses résultats record de l’an dernier, qui avaient été dopés par son activité de jeux vidéo.

Mathias CENA Agence France-Presse

Pour l’exercice en cours 2021-2022, Sony table à présent sur un bénéfice opérationnel de 980 milliards de yens (7,6 milliards d’euros) au lieu d’une prévision de 930 milliards de yens précédemment, grâce notamment à des perspectives améliorées pour ses divisions musique, cinéma et produits électroniques (hors jeu vidéo).

Le groupe prévoit aussi désormais un bénéfice net annuel de 700 milliards de yens (5,4 milliards d’euros) contre 660 milliards de yens fin avril. Cela représenterait cependant une chute de 40 % sur un an, son bénéfice net 2020-2021 ayant été gonflé par des effets exceptionnels, notamment sur le plan fiscal.

« Cette révision à la hausse est une surprise », a déclaré à l’AFP Hideki Yasuda du Ace Research Institute. « Les ventes d’appareils photo et de musique en streaming (au premier trimestre, NDLR) ont été meilleures que prévu ».

« Même si les prévisions sont inférieures au bénéfice net record de l’exercice précédent, Sony montre sa force sous-jacente » avec les avantages d’un conglomérat : « Les secteurs les plus forts compensent les plus faibles », a ajouté cet analyste.

Sony a en revanche laissé inchangé son objectif de chiffre d’affaires annuel, à 9700 milliards de yens (environ 75 milliards d’euros, ce qui serait une hausse d’environ 8 % sur un an).

Pénurie de semi-conducteurs

Ses résultats record de 2020/21 s’étaient notamment construits grâce aux ventes de sa division jeu vidéo, soutenues par la hausse de la demande liée aux modes de vie casaniers avec la pandémie. Sony avait déjà intégré l’inévitable ralentissement de cette demande dans ses prévisions, inchangées pour cette division.

Malgré tout, la pandémie a « produit une nouvelle vague de demande » qui ne devrait pas s’estomper à court terme, estime Serkan Toto de la firme d’analyse tokyoïte Kantan Games, interrogé par l’AFP en amont des résultats de Sony.  

Même si « on ne voit plus les chiffres de croissance fous d’il y a un an, on observe un plateau de la demande, plus haut qu’avant la pandémie », note-t-il.  

La dernière console PlayStation 5 de Sony, lancée en novembre dernier, devrait ainsi rester une locomotive, grâce à des ventes extrêmement solides : le groupe a annoncé fin juillet en avoir écoulé 10 millions d’exemplaires, soit un rythme plus rapide que sa précédente console PS4, sortie en 2013.

Il a reconfirmé mercredi son objectif de vendre 14,8 millions de PS5 en 2021-2022. La principale inconnue restant l’impact de la pénurie mondiale de semi-conducteurs sur la production de Sony, qui a reconnu en juillet que « la demande de PS5 continue de dépasser l’offre ».

Rebond des produits électroniques

Sur la période avril-juin, le géant nippon a réalisé un bénéfice net de 211,8 milliards de yens (1,6 milliard d’euros), en hausse de 9 % sur un an.

Ses ventes ont augmenté de 15 % sur un an à 2256,8 milliards de yens (17,4 milliards d’euros), en particulier dans les produits électroniques, la musique, le cinéma et le jeu vidéo.

Son bénéfice opérationnel trimestriel a bondi de 26 % à 280,1 milliards de yens (2,2 milliards d’euros), porté surtout par un rétablissement dans sa division de produits électroniques, hors jeu vidéo.

Sa division musique, qui inclut les dessins animés, a également contribué à la hausse du bénéfice opérationnel via les revenus liés au film d’animation Demon Slayer (inclus dans cette division), qui connaît le succès à l’étranger après avoir battu le record d’entrées en salle au Japon fin 2020.

Son bénéfice opérationnel a cependant diminué dans le secteur des jeux vidéo, à cause de ventes plus faibles de jeux et de prix de vente de sa console PS5 inférieurs aux coûts de fabrication, a annoncé Sony dans un communiqué.

À ce sujet, son directeur financier Hiroki Totoki a assuré mercredi lors d’une conférence de presse que la version la plus chère de la PS5, équipée d’un lecteur de disque physique, n’était « plus vendue à perte ».