La séquence de résultats à la hausse de Loblaw depuis le début de la pandémie de COVID-19 semble sur le point de se stabiliser, alors que le géant des supermarchés commence à comparer ses résultats trimestriels aux gains enregistrés au début de la pandémie.

Brett Bundale La Presse Canadienne

Pourtant, les fermetures de restaurants qui se poursuivent en raison des restrictions sanitaires ont continué de profiter au plus grand détaillant d’épiceries et de pharmacies du pays au plus récent trimestre, puisque les gens cuisinent davantage à la maison.

Loblaw a affiché mercredi un profit du premier trimestre de 313 millions, en hausse de 30 % par rapport à l’an dernier. Ses revenus pour le trimestre clos le 27 mars ont totalisé 11,87 milliards, comparativement à 11,80 milliards un an plus tôt.

Ces solides résultats ont été soutenus par une amélioration de ses activités de services financiers, ainsi que par des marges brutes supérieures aux attentes sur les ventes de produits alimentaires et de médicaments.

Cependant, Loblaw a signalé qu’à mesure que l’économie commencerait à revenir à la normale, la croissance des revenus serait difficile à maintenir.

« Je pense qu’il est raisonnable de s’attendre à ce que cela commence à se stabiliser », a affirmé la présidente de Loblaw, Sarah Davis, aux analystes lors d’une conférence téléphonique. « Nous n’allons pas voir la forte croissance que nous avons connue l’année dernière », a poursuivi celle qui prendra sa retraite jeudi.

La plupart des épiciers ont prévenu que leurs résultats financiers seraient plus modérés parce qu’ils commenceront à se mesurer aux performances hors du commun de l’an dernier, lors de la première vague de COVID-19. Les consommateurs avaient alors stocké des produits dans le but de limiter leurs visites dans les magasins pour rester le plus possible à la maison, comme demandé par les autorités sanitaires.

Mais les provisions induites par la peur au début de la pandémie ont essentiellement pris fin, ce qui pourrait donner aux plus récents résultats un impact moins marqué, ou même inférieur au pic de l’an dernier.

Loblaw a précisé que la croissance des ventes des magasins d’alimentation ouverts depuis au moins s’était établie à 0,1 % au cours du plus récent trimestre, une croissance limitée par rapport à la demande pandémique sans précédent de l’année dernière.

« Les ventes au détail de produits alimentaires dans les magasins comparables ont été relativement stables », a souligné le directeur financier de Loblaw, Darren Myers — qui quittera l’entreprise après l’assemblée annuelle des actionnaires de jeudi — lors de la conférence téléphonique avec les analystes.

Le segment des services financiers de l’entreprise a vu une réduction de 20 millions de ses provisions pour pertes sur mauvaises créances au cours du trimestre, comparativement à une augmentation de 50 millions pour le premier trimestre de 2020.

Loblaw a également indiqué que ses ventes du commerce électronique avaient augmenté de 133 % par rapport au premier trimestre de 2020.

Entre-temps, Loblaw a été critiqué pour ne pas avoir rétabli une prime salariale pour ses travailleurs de première ligne, malgré de solides bénéfices.

Loblaw, Metro et Sobeys ont toutes mis fin à la prime de 2 $ par heure en juin dernier. Sobeys a rétabli les primes de confinement pour les travailleurs dans les régions où les restrictions restent sévères et Metro leur a donné des cartes-cadeaux, mais Loblaw est restée silencieuse à ce sujet jusqu’à la semaine dernière.

Dans un courriel adressé au personnel vendredi, Mme Davis a indiqué que la société offrirait une prime d’appréciation au personnel des magasins et des centres de distribution, des évènements à rabais pour les employés, jusqu’à trois heures de congé payé pour être vacciné et la poursuite d’un programme de protection salariale pour les travailleurs avec la COVID-19.