(Montréal) Un consortium dirigé par L3Harris — une entreprise américaine bien implantée au Québec — fait miroiter d’importantes retombées pour la province et d’autres endroits au pays s’il parvient à décrocher un important contrat d’aéronefs télépilotés auprès de l’Aviation royale canadienne.

Publié le 22 avr. 2021
Julien Arsenault La Presse Canadienne

Assemblage, essais en vol, formation et maintenance pour la durée de vie du programme de plus de 25 ans : l’équipe Artemis se dit prête à mettre le paquet pour convaincre Ottawa.

« Nous nous engageons à créer des emplois et offrir une proposition canadienne, a affirmé le directeur principal, développement des affaires chez L3Harris, Marc Leblanc, au cours d’un entretien téléphonique. On souhaite que le projet soit réalisé au Canada, par des Canadiens. »

Ce consortium a annoncé jeudi l’arrivée de nouveaux membres, soit Airbus Defence and Space Canada, Atco Frontec, Canadian Uav et Lockheed Martin CDL Systems.

Le contrat en question, dont la valeur pourrait varier entre 1 milliard et 5 milliards, concerne l’achat d’avions de reconnaissance sans pilote visant notamment à effectuer de la surveillance, notamment dans l’Arctique, des missions de combat, ainsi que des opérations de recherche.

En principe, l’appel de propositions devrait être publié plus tard cette année. Le choix du consortium devrait être effectué l’an prochain ou en 2023. Les premières livraisons sont attendues pour 2024 ou 2025.

L’autre fournisseur préqualifié est une alliance entre le gouvernement américain et General Atomics Aeronautical Systems.

Comptant plus de 900 employés au Québec, L3Harris est bien implantée à Mirabel, dans les Laurentides, où elle effectue notamment l’entretien des avions de chasse CF-18. Elle s’est déjà associée à Israël Aerospace Industries (IAI) et propose une version modifiée de l’appareil conçu par l’entreprise israélienne.

Celui-ci est propulsé par les moteurs construits par Pratt & Whitney Canada à Longueuil, en banlieue sud de Montréal.

« C’est une plateforme qui a fait ses preuves, a dit M. Leblanc. Nous voulons lui donner une touche canadienne afin de répondre aux exigences canadiennes du programme. Nous ne partons pas de zéro ici. »

L’appareil dont souhaite s’inspirer Artemis peut voler à une altitude maximale de 45 000 pieds, atteindre une vitesse maximale d’un peu plus de 405 kilomètres/heure et être opérationnel pendant plus de 30 heures. Il est d’une longueur de 14 mètres et son envergure est de 26 mètres.

Dans le contexte où le secteur aérospatial a été fortement secoué par la pandémie de COVID-19, M. Leblanc a fait valoir que c’est l’option d’Artemis qui offre le plus de retombées aux fournisseurs canadiens.

« Elle apporte également un savoir-faire à l’armée qui n’existe pas à l’heure actuelle, a-t-il dit. L’autre facette, bien entendu, est qu’elle peut stimuler l’économie canadienne, ce qui est important à l’heure actuelle avec tout ce qui se passe. »

Invité à dire si c’est le Québec qui accueillerait l’assemblage des appareils si l’équipe Artemis décroche le contrat, M. Leblanc a affirmé qu’il était encore trop tôt pour se prononcer, puisque les détails de l’appel de l’appel d’offres ne sont pas encore connus.

Une version antérieure de cet article n'identifiait pas correctement l'un des partenaires du consortium.