La multinationale québécoise Premier Tech et la société Virentia s’installent officiellement dans le Parc industriel et portuaire de Bécancour. Une toute nouvelle usine de transformation de la luzerne est en train de sortir de terre. Elle sera opérationnelle dès septembre, au plus tard.

Boris Chassagne
Initiative de Journalisme Local

Il aura fallu que les journalistes s’en mêlent pour que Premier Tech dévoile l’étendue des projets qu’elle caresse avec Virentia dans le Parc. D’autant que le duo s’affaire depuis plusieurs mois à déboiser le terrain et à y couler ses fondations.

Le président-directeur général de la Société du Parc, Maurice Richard, laissait depuis plusieurs mois entendre qu’il se tramait bien des projets chez lui. « C’était un peu à Virentia de décider de son timing », poursuit Jean Bélanger, président-directeur général de Premier Tech. Trop tard, le chat est sorti du sac. « Car l’entreprise qui s’implante et qui est à finaliser son projet est Virentia », poursuit Jean Bélanger.

« Premier Tech est l’un des actionnaires. On est en discussions avec le gouvernement du Québec pour un accompagnement financier et avec des banques pour le financement à long terme. La compagnie Virentia n’est pas encore opérationnelle et commerciale. Elle n’a pas de revenus », précise M. Bélanger. « Nous ne sommes pas les initiateurs du projet. Nos coactionnaires ont lancé la recherche, le développement des procédés, la mise à l’échelle. On s’y est joint il y a quelques années pour accélérer le projet », affirme M. Bélanger de Premier Tech.

Un projet en deux phases

45 millions seront investis dans la première phase du projet. Une fois terminée, l’usine de Virentia devrait employer une cinquantaine de personnes. Si la vélocité commerciale du projet atteint le rythme espéré, près 250 millions seront investis sur l’horizon 2023-25.

Un certain secret entoure encore toute la production. L’entreprise Virentia aurait mis au point des procédés industriels brevetés qui lui permettent d’extraire des produits alternatifs de la luzerne et d’en préserver les ingrédients actifs. Ces extraits vont entrer dans la composition de produits destinés à la consommation humaine et animale, de même qu’à l’industrie des cosmétiques.

« On est capable d’en extraire des protéines, des molécules, des composés et des ingrédients actifs. Ce procédé est protégé par une série de brevets assez complexes qui font l’objet d’une gestion serrée en termes de dévoilement. C’est une protéine alternative végétale chloroplaste très pure » qui peut entrer dans la composition de suppléments, de barres énergétiques, ou de smoothies apéro exemple. Mais aussi, dans la fabrication de bio-insecticides et biofongicides destinés aux champs et aux serres. Ce seront des produits biologiques et sans risques pour la santé humaine et animale, très santé et naturels, explique M. Bélanger.

« Il fallait trouver le procédé pour l’isoler, en maintenir les qualités et développer un produit qui va très bien voyager ». Nul doute que le marché de l’exportation est dans la mire du tandem Premier Tech/Virentia. Les agriculteurs du Centre-du-Québec se réjouissent. L’usine a conclu des ententes de production avec 29 producteurs de luzerne biologique de la région.

Une rumeur court voulant que l’usine ait un très fort tirant d’eau qui demanderait à la Ville de Bécancour d’investir près de 20 millions dans ses installations d’eau potable. « On n’est pas dans des débits hors-norme, de mémoire l’usine consommerait l’équivalent d’une centaine de maisons ».

Rappelons que le Parc industriel n’a pas atteint sa pleine capacité et la société d’État compte bien déployer ses ailes, dès que le financement des futures Zones d’Innovation sera confirmé. D’autres projets pourraient peut-être justifier de tels besoins et investissements.

(Parution originale : Le Courrier Sud)