Groupe d’Alimentation MTY a voulu tourner la page sur les allégations soulevées par un prétendu lanceur d’alerte en répétant lundi que celles-ci étaient « sans fondement », sans toutefois offrir plus de détails à ce sujet.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

L’examen mené par le comité de vérification du conseil d’administration est venu valider la position du franchiseur et exploitant québécois de restaurants, a estimé son chef de la direction Eric Lefebvre, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du quatrième trimestre.

Même si le patron du propriétaire de marques telles que Thaï Express, Tiki-Ming, Tutti Frutti et Valentine ne souhaitait pas commenter davantage le dossier, il a néanmoins été questionné par les analystes étant donné que le dévoilement des résultats, initialement prévu mardi dernier, avait été repoussé.

« C’est certain qu’en ce qui a trait à la perception, tout le monde est curieux, a expliqué M. Lefebvre, dans le cadre d’une entrevue téléphonique. À partir du moment où l’on dit que les allégations sont non fondées, si on commence à faire la liste (de ce qui était soulevé), on repart avec des discussions sur quelque chose qui n’existe pas. »

Les conclusions de l’examen ont semblé rassurer les investisseurs, puisqu’à la Bourse de Toronto, l’action de MTY a grimpé de 9 %, ou 4,48 $, pour clôturer à 54,25 $.

C’est le 14 février que MTY avait annoncé le report du dévoilement de ses résultats, sans fournir de détails sur les allégations l’ayant incité à agir de la sorte. Le prétendu lanceur d’alerte est toujours à l’emploi de la compagnie, a indiqué M. Lefebvre, qui a qualifié cette personne de « bon employé ».

Si la société avait été mise au courant plus tôt, elle n’aurait peut-être pas eu à retarder le moment pour faire le point sur sa performance financière. Elle avait toutefois jusqu’à vendredi pour le faire en vertu du cadre réglementaire.

Selon M. Lefebvre, l’entreprise a pris la « bonne décision » en agissant de la sorte pour laisser le temps au comité de vérification de se pencher sur la chose.

« On n’aime pas être mêlé à ce genre de chose, a dit le dirigeant de MTY. J’avais envie d’en dire plus. Il faut que je respecte ce qui a été fait. Mais à partir du moment où (les allégations) ne sont pas fondées, il n’y a rien d’autre à discuter. »

S’il peut être « curieux » de voir une entreprise retarder la date de publication de ses résultats financiers en raison d’allégations soulevées par un employé, l’expert en gouvernance et professeur à l’Université Concordia Michel Magnan croit que MTY a agi de façon « correcte ».

À son avis, pour l’entreprise, il ne sert à rien d’en rajouter si l’on juge que tout est dans l’ordre.

« En matière de divulgation, c’est correct (de se limiter) à cela dans la mesure où c’est non fondé, a dit M. Magnan. S’ils font un commentaire, la personne qui a soulevé les allégations pourrait aussi décider de se retourner contre l’entreprise. »

Résultats

Quant à sa performance financière, MTY a engrangé un bénéfice net de 20,7 millions, ou 83 cents par action, au quatrième trimestre terminé le 30 novembre, par rapport à 13,2 millions, ou 53 cents par action, il y a un an.

Grâce entre autres aux acquisitions, le chiffre d’affaires du réseau a été de 1,02 milliard, par rapport à 706,4 millions il y a un an. Les recettes du réseau tiennent compte des recettes générées par les franchisés. Les revenus de MTY ont été de 150 millions, en hausse de 29 %.

Les analystes tablaient sur des revenus de 153 millions ainsi qu’un profit de 83 cents par action, selon la firme de données financières Refinitiv.

À la fin novembre, le réseau de MTY comptait 7373 établissements, dont 144 exploités par MTY et 7229 franchisés. Environ 55 % des restaurants se trouvent aux États-Unis, contre 38 % au Canada et 7 % à l’international.

Pour l’exercice, le franchiseur et exploitant de restaurants a vu son bénéfice net fléchir d’environ 19 %, à 77,7 millions, ou 3,08 $ par action, alors que le chiffre d’affaires du réseau a grimpé d’environ 30 %, à 3,6 milliards.