(New York) Le constructeur automobile Ford, en grande difficulté dans un paysage automobile dominé par les technologies électrique et autonome, a remanié vendredi sa direction quelques jours après l’annonce de résultats trimestriels décevants.

Agence France-Presse

Le mouvement le plus marquant est le départ de Joe Hinrichs, le numéro 2 de la marque, selon un communiqué. Il sera remplacé à partir du 1er mars par Jim Farley, qui aura le titre de directeur des opérations et rendra directement compte au PDG Jim Hackett.

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Jim Farley

« Ces changements interviennent au moment où Ford veut, dans l’urgence, intégrer et accélérer sa transformation en un groupe focalisé sur les activités à fortes marges et en croissance, comme les voitures connectées et les services », a expliqué le groupe de Dearborn (Michigan).

M. Hinrichs semble payer les difficultés actuelles de Ford : mardi le groupe automobile a annoncé une perte nette de 1,7 milliard de dollars au quatrième trimestre 2019, période reflétant la santé récente de l’entreprise.

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Le numéro 2 de Ford, Joe Hinrichs

Ford a attribué cette contre-performance à une « mauvaise exécution opérationnelle » dans le lancement de nouveaux modèles, et plus particulièrement du Ford Explorer, qui a fait exploser ses coûts.

Mais les marchés financiers sont frustrés par le silence de Jim Hackett, qui n’a pas donné de détails sur l’avancée de la vaste restructuration en cours du groupe pour espérer être aux avant-postes d’un paysage automobile bousculé par la Silicon Valley et Tesla, dont la valeur d’entreprise en Bourse a explosé récemment.

Ford espère économiser 11 milliards de dollars, en cessant la production de berlines et citadines aux États-Unis, en supprimant 12 000 emplois et en fermant six sites en Europe.

Deux ans après l’annonce de cette cure d’austérité, Ford n’a toujours pas fait un bilan d’étape.