(Montréal) Les Industries Dorel ont profité de la saison estivale, où l’engouement des consommateurs pour les vélos et les meubles résidentiels a été au rendez-vous, mais la deuxième vague d’infections à la COVID-19 et les pénuries observées chez certains fournisseurs vont leur donner du fil à retordre d’ici la fin de l’année.

Julien Arsenault La Presse Canadienne

Après avoir dévoilé vendredi ses résultats du troisième trimestre, où elle a renoué avec la rentabilité, l’entreprise montréalaise n’a pas voulu donner plus de détails à propos de l’accord de privatisation devant lui permettre de se retirer de la Bourse de Toronto qui a été présenté plus tôt cette semaine.

Dans le cadre d’une conférence téléphonique avec les analystes financiers, le président et chef de la direction de Dorel, Martin Schwartz, a plutôt offert un portrait des obstacles qui attendent la société au cours des trois derniers mois de l’exercice.

Les nouvelles mesures de confinement décrétées dans plusieurs pays d’Europe en raison de la crise sanitaire, une augmentation des dépenses d’expédition provoquées par l’essor du commerce électronique et des pénuries chez les fournisseurs de pièces de bicyclettes risquent d’avoir une incidence sur les résultats.

« La demande mondiale pour les vélos a provoqué des pénuries de pièces chez des fournisseurs et ils ont de la difficulté à augmenter leur cadence de production, a dit son président et chef de la direction, Martin Schwartz, dans le cadre d’une conférence téléphonique avec les analystes. Ils augmentent leurs prix lorsque la demande grimpe. »

La crise sanitaire a incité de nombreux consommateurs désireux de passer du temps à l’extérieur tout en respectant les règles de distanciation physique à opter pour le vélo. Cela a fait bondir la demande pour l’acier, l’aluminium et le caoutchouc, faisant également grimper les coûts. Dorel fabrique une variété de biens de consommation tels que les sièges d’auto pour enfants Cosco et Safety 1st, les vélos Cannondale et Schwinn et les meubles de maison sous des marques telles que Dorel Living et DHP.

Dans le vert

Entre temps, au troisième trimestre ayant pris fin le 30 septembre, Dorel a engrangé des profits nets de 26,2 millions US, ou 80 cents US par action, alors qu’elle avait perdu 4,3 millions US, ou 13 cents US par action, il y a un an.

Ses revenus ont progressé de 9,9 %, à 753,4 millions US, alors que la demande a dépassé l’offre pour de nombreux produits offerts par ses divisions sports et maison. Cela a plus que contrebalancé le déclin des recettes dans le segment des produits pour enfant. La division sports a affiché des revenus de 305,6 millions US, en hausse de 22,1 %, tandis que le profit opérationnel ajusté a été multiplié par cinq à 27,8 millions.

« La tendance à l’accroissement de la demande pour les bicyclettes s’est poursuivie et la demande a surpassé la disponibilité, a dit M. Schwartz. Malgré cela, la division a tout de même réussi à enregistrer les résultats les plus élevés de son histoire. »

Des ruptures de stock ont aussi été observées du côté du segment maison, où le chiffre d’affaires s’est établi à 242 millions US, en hausse de 14 %. En ce qui a trait aux produits pour enfants, les recettes ont été de 205,6 millions US, en déclin de 7,8 % par rapport au troisième trimestre de l’exercice précédent.

Annoncé lundi, l’accord de privatisation entre Dorel et un groupe dirigé par Cerberus Capital Management et la famille Schwartz, qui contrôle ses actions à droit vote multiple, évalue la société à environ 470 millions, ou 14,50 $ par action. L’offre doit être finalisée d’ici le 10 novembre. Elle devra toutefois obtenir l’appui majoritaire des actionnaires minoritaires et indépendants. Letko, Brosseau & Associés, le principal actionnaire minoritaire de Dorel avec une participation d’environ 13,1 %, a déjà manifesté son opposition.

À la Bourse de Toronto, vendredi, l’action de catégorie B de Dorel a clôturé à 15,43 $, en baisse de 26 cents, ou 1,65 $ — un cours supérieur au prix de rachat proposé.