(Francfort) Plusieurs centaines d’emplois sont menacés en Allemagne par la fermeture annoncée de trois bases de la compagnie irlandaise Ryanair, plombée par la pandémie de coronavirus, après le refus des pilotes de consentir à des baisses de salaires.

Agence France-Presse

Près de 400 salariés de Malta Air, filiale de Ryanair, pourraient ainsi perdre leur emploi dans les prochains jours, ont affirmé mardi et mercredi les syndicats du personnel de cabine et des pilotes, appelant l’entreprise à « reprendre les négociations ».

Le groupe aérien spécialiste des vols à rabais a annoncé mardi la fermeture de trois bases en Allemagne, dans un mémo envoyé mardi aux syndicats de pilotes.

Dans cette note, que l’AFP a pu consulter, Ryanair affirme son intention de fermer ses bases à Berlin Tegel, et à Düsseldorf « avant l’hiver », mais aussi à Francfort, « dès le 1er novembre ».

Le groupe irlandais justifie ces annonces par le rejet du syndicat de pilotes allemand VC, lors d’un vote, d’une proposition de la compagnie d’accepter une baisse de salaires de 20 % pour quatre ans afin de compenser les pertes dues au coronavirus.

Ryanair mène un vaste plan de restructuration dans les pays où il opère, et prévoit la suppression de 3000 emplois pour amortir le choc de la pandémie de coronavirus, qui a frappé de plein fouet le secteur aérien.

« Cynisme »

« VC a voté pour des suppressions d’emplois et des fermetures de bases alors qu’ils auraient pu préserver tous les emplois », affirme Ryanair dans le mémo.

Les pilotes rétorquent que les propositions de Ryanair auraient été « dommageables » pour leurs conditions de travail, et estiment que les garanties sur la préservation des emplois n’étaient pas suffisantes.

Selon le syndicat VC, 170 emplois de pilotes seront menacés par la fermeture de ces bases.

À Francfort, les salariés pourraient recevoir leur lettre de licenciement « dès cette semaine », menace désormais la compagnie.

Cette fermeture pourrait également conduire à la suppression de 350 emplois de personnels de cabine, plus d’un tiers du nombre total de Malta Air en Allemagne, selon le syndicat allemand Verdi.

La décision de Ryanair, « montre le cynisme d’une entreprise qui fait des bénéfices grâce à un dumping sur les prix, et au détriment de ses salariés », a estimé le syndicat, qui appelle le groupe à « reprendre les discussions ».

Contrairement à leurs homologues allemands, les pilotes britanniques de Ryanair ont accepté des baisses de salaire de 20 %, ce qui devrait leur permettre de sauver 260 emplois sur les 330 menacés.