Sylvain Carle, investisseur en capital de risque et ancien de Twitter, a décidé de se joindre à la firme américaine SecondMuse Capital pour attaquer les défis les plus pressants de la crise climatique.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Celui qui a annoncé le printemps dernier son départ du fonds de capital-risque montréalais Real Ventures devient directeur principal chez SecondMuse Capital. Il sera responsable de l’approche de développement d’écosystème pour l’investissement d’impact climatique d’abord au Québec, mais aussi ailleurs dans le monde.

« Je tenais à rester à Montréal, mais je ne pense pas qu’on puisse avoir un impact juste localement. Le climat est un enjeu partout sur la planète », dit Sylvain Carle.

Je cherchais un réseau international déjà actif dans les projets d’impact et ayant une expertise pour accompagner des entrepreneurs. SecondMuse est le total package.

Sylvain Carle

SecondMuse Capital est la filiale d’investissement de SecondMuse, société d’innovation qui a au fil des ans conçu et mis en œuvre des programmes avec des organisations comme la NASA, la Banque mondiale et Nike.

« Nous investissons avec une approche d’écosystème », dit Todd Khozein, cofondateur et co-PDG de SecondMuse. « Nous tentons d’envisager la croissance économique, la protection de l’environnement et la justice sociale comme des retombées essentielles. Pour y parvenir, il nous faut bâtir un écosystème. Il ne faut pas uniquement penser à la technologie, mais aussi à la ville, aux politiques, aux entreprises impliquées. »

L’actif sous gestion chez SecondMuse, ou l’actif sous influence, comme Todd Khozein préfère l’appeler, s’élève à environ 200 millions US.

Diversité

La diversité au sein de l’équipe est une caractéristique qui distingue SecondMuse. « C’est intéressant pour moi de penser qu’on pouvait injecter un peu de culture québécoise et montréalaise dans le mix », lance Sylvain Carle.

« Un élément qui m’a attiré est le fait que SecondMuse était déjà présente dans 10 pays. Ce n’est pas la compagnie typique américaine pour les États-Unis, mais vraiment des gens ouverts sur le monde, progressistes et inclusifs. Ça parle à mes valeurs personnelles. Ce n’est malheureusement pas quelque chose qu’on voit beaucoup dans l’industrie du capital de risque. »

Il y a encore trop peu de représentation diversifiée, ne serait-ce qu’au niveau du ratio hommes-femmes, dans les firmes.

Sylvain Carle

SecondMuse, dont l’effectif est d’une centaine d’employés, a été fondée il y a 11 ans, alors que SecondMuse Capital existe depuis deux ans seulement.

Le bureau de Montréal compte actuellement deux employés, mais Sylvain Carle aimerait bien augmenter l’effectif jusqu’à une dizaine d’employés d’ici deux ans.

L’objectif initial de Sylvain Carle est d’identifier des entreprises ou des projets dans lesquels investir de quelques centaines de milliers de dollars à 1 million. « C’est le genre de montants recherchés dans le marché pour aider une nouvelle génération d’entrepreneurs à concentrer leurs efforts sur les changements climatiques. »

L’autre tâche de Sylvain Carle sera de développer l’écosystème de façon à attirer de grands investisseurs. « Il y a beaucoup plus d’entreprises cleantech et greentech que je pensais au Québec », dit-il en faisant notamment référence aux secteurs de l’agriculture, de la mobilité et du transport.

Selon lui, ce qui fera la saveur de Montréal et du Québec risque d’être la touche qu’apportera aux solutions l’intelligence artificielle, une expertise québécoise forte.