(Francfort) Markus Braun, l’ancien président de la société financière Wirecard impliquée dans un vaste scandale de possibles comptes fictifs aux Philippines, va être libéré contre une caution de 5 millions d’euros après avoir été arrêté, a annoncé mardi la justice allemande.

Agence France-Presse

Markus Braun, qui avait démissionné de son poste vendredi, s’était livré de lui-même aux autorités après le lancement d’un mandat d’arrêt à son encontre pour avoir « gonflé » artificiellement le bilan de l’entreprise allemande de services de paiement en ligne, en vue de le rendre « plus attractif pour les investisseurs et les clients », selon le parquet de Munich.

Présenté dans la journée à un juge, « l’accusé sera libéré dès que la caution aura été entièrement versée », a expliqué cette même source dans un communiqué distinct.

L’enquête judiciaire lancée il y a quelques jours seulement porte sur un montant de plus de 1,9 milliard d’euros qui se sont évaporés aux Philippines des comptes de Wirecard.

La justice soupçonne dorénavant une vaste fraude.

Les enquêteurs soupçonnent aussi M. Braun d’avoir agi avec d’« autres auteurs » au siège de l’entreprise bavaroise.  

Le parquet de Munich enquêtait déjà sur l’ensemble du directoire de la fintech depuis début juin, en partant d’informations erronées données au printemps aux investisseurs pour les rassurer sur les risques de fraude.

Les dernières découvertes sur les comptes présumés fictifs en Asie n’ont fait qu’amplifier les soupçons.  

Wirecard « est tenue de clarifier » les choses et « de remédier à tous les griefs », a déclaré le ministre de l’Économie, Peter Altmaier, dans une interview mardi au média t-online, dans une Allemagne qui découvre abasourdie l’ampleur de la fraude.

En Bourse, ce scandale a conduit depuis jeudi dernier à un sauve-qui-peut des investisseurs, le cours de l’action perdant près de 90 % de sa valeur jusqu’à lundi. L’action remontait mardi en matinée de près de 16 %, à 16,7 euros.