Le nouveau président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel, devrait gagner environ 6,7 millions (5,1 millions US) en 2020. C’est la moitié de la rémunération de son prédécesseur Alain Bellemare, mais huit fois ce que lui a versé Hydro-Québec l’an dernier.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Le salaire annuel de base de M. Martel sera de 866 000 $ US (1,1 million CAN), nettement plus que l’ensemble de sa rémunération chez Hydro-Québec en 2019, qui avait atteint 835 000 $.

M. Martel a aussi reçu un montant forfaitaire de 600 000 $ à son entrée en poste. Le reste de sa rémunération dépendra de la performance de l’entreprise à court et à long terme.

Cette information se trouve dans la circulaire de la direction rendue publique en fin de journée vendredi par Bombardier, en vue de l’assemblée annuelle de ses actionnaires, le 18 juin. M. Martel a lui-même exigé que sa rémunération y figure, même s’il ne s’agissait pas d’une exigence légale.

À sa dernière année complète chez Bombardier, en 2014, M. Martel avait obtenu une rémunération totale de 2,1 millions US. Il occupait alors le titre de président de la division Avions d’affaires. Une fois complétée la vente déjà annoncée de la division Transport à Alstom, il se retrouvera sensiblement à la tête d’une entreprise correspondant à peu près à la division qu’il dirigeait auparavant.

La rémunération totale déclarée pour son prédécesseur Alain Bellemare atteignait pour sa part environ 10 millions US au cours des dernières années. Elle a néanmoins été ramenée à 7,6 millions US en 2019.

Selon le vice-président aux relations externes de l’entreprise, Olivier Marcil, la baisse d’environ 50 % de la rémunération octroyée au détenteur du poste de président par le conseil d’administration est fonction de « la trajectoire stratégique de l’entreprise et [de] sa situation actuelle ». Si la vente de la division Transport à Alstom se matérialise, l’entreprise aura réduit sa taille d’environ la moitié.

16 millions pour Alain Bellemare

M. Bellemare, qui a été remercié en mars dernier, a par ailleurs touché une indemnité de départ totalisant environ 7 millions US (9 millions CAN). Celle-ci correspond au salaire de base et aux incitatifs à court terme qui lui auraient été versés dans le meilleur des cas pendant les deux années suivantes.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Remercié en mars dernier, Alain Bellemare a touché une indemnité de départ totalisant environ 7 millions US (9,8 millions CAN).

Une somme additionnelle de près de 3,5 millions US (4,5 millions CAN) lui sera aussi versée au comptant, en deux versements, en lien avec la vente de la division Transport à Alstom. Un premier versement aura lieu au moment de la signature de la convention d’achat d’actions, le deuxième est prévu après la clôture de la transaction.

Ces versements faisaient partie de l’entente pour la vente d’Alstom, a indiqué M. Marcil, et auraient aussi été effectués s’il était resté en poste. D’autres hauts dirigeants de l’entreprise disposent de clauses similaires.

« On veut s’assurer que ceux qui ont négocié cette transaction restent là le plus longtemps possible pour en faire un succès », a expliqué M. Marcil.

M. Bellemare détient aussi toujours pour environ 1,9 million US (2,5 millions CAN) d’actions de Bombardier acquises dans le cadre de ses fonctions. Fait à noter, ces actions, reçues lors des années 2016 à 2019 ont à l’époque de leur octroi été comptabilisées à une valeur totalisant 20,2 millions US, dix fois plus cher. La rémunération réelle de M. Bellemare au cours de ces années a donc été inférieure aux 10 millions US déclarés.

L’arrangement de départ de M. Bellemare prévoit des clauses de non-sollicitation, non-concurrence « ainsi qu’une disposition de non-dénigrement ». Il s’engage aussi à collaborer avec son successeur et à « se rendre disponible pour répondre aux demandes raisonnables pouvant être faites par Bombardier dans le cadre de la réalisation de la transaction relative à [la division] Transport ».