(San Francisco) Amazon a été placé par le gouvernement américain sur une liste d’entreprises qui ne luttent pas suffisamment contre la contrefaçon, d’après le rapport annuel du représentant américain au commerce sur la propriété intellectuelle, publié mercredi.

Agence France-Presse

Le cabinet, qui dépend directement du président des États-Unis, a ajouté 5 plateformes d’Amazon (Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne et Inde) sur la liste des « marchés notoires pour la contrefaçon ».

Le rapport assure qu’Amazon ne lutte pas assez contre les ventes de telles marchandises et déclare que des détenteurs de propriété intellectuelle se sont plaints « de niveaux élevés de biens contrefaits » sur ces 5 sites de cybercommerce.

À titre d’exemple, ils estiment, selon le rapport, que sur la plateforme britannique « il est difficile pour les consommateurs et les détenteurs de droits de déterminer qui vend les produits », et reprochent à Amazon « de ne pas suffisamment contrôler les vendeurs ».

Le processus de retrait de contrefaçons serait considéré comme « long et fastidieux, même pour les détenteurs de droits qui participent au programme de protection des marques », précise le rapport.

Le géant du cybercommerce a fait savoir son « désaccord profond » avec les conclusions du rapport, qu’il qualifie « d’acte purement politique » de la part de l’administration de Donald Trump. Ce dernier ne cache pas son inimitié pour le fondateur et dirigeant d’Amazon, le milliardaire Jeff Bezos.

« Amazon investit de façon importante dans les technologies et méthodes de détection pour bloquer les acteurs mal intentionnés et empêcher de potentiels biens contrefaits d’être vendus dans nos magasins », a réagi un porte-parole du groupe par courriel.

« Nous travaillons aussi avec les autorités et leur signalons tous les vendeurs de contrefaçon confirmés pour les aider dans leurs enquêtes ».

La liste des « marchés notoires pour la contrefaçon » de 2019 donne des exemples de vendeurs soupçonnés de faciliter cette pratique illégale, mais ne constitue pas une accusation formelle ou le prélude à une action en justice.

Cet examen annuel « a aussi identifié une inquiétude croissante sur la prolifération de biens contrefaits facilitée par les réseaux sociaux », mentionne le rapport, citant notamment le géant chinois WeChat.

Des services de streaming et des sites de commerce en ligne en Chine, Italie, Pologne, Indonésie et d’autres pays sont aussi listés.

Le rapport évoque aussi Pirate Bay, un site de téléchargement de contenus dans le viseur des autorités depuis des années, qui est encore actif malgré les nombreuses fermetures de ses différentes versions.