Toujours à la recherche d’un acheteur ou d’un investisseur, Nemaska Lithium a permis à au moins 22 parties intéressées de consulter ses livres en vue d’un éventuel partenariat.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

En date du 6 avril, 10 potentiels partenaires stratégiques et 12 éventuels investisseurs avaient signé une entente de confidentialité avec l’entreprise, qui souhaite exploiter un gisement ainsi qu’une usine de transformation de lithium. Quatre autres joueurs négociaient un accès aux livres de Nemaska Lithium, qui est à l’abri de ses créanciers depuis le 23 décembre.

Ces informations figurent dans le plus récent rapport du contrôleur PricewaterhouseCoopers, rendu public jeudi dernier. Le document permet aussi d’apprendre que l’ex-président et chef de la direction Guy Bourassa, qui a quitté le 20 février dernier, aura droit à l’équivalent d’un an de salaire dans le cadre de son indemnité de départ.

Au total, 146 sollicitations avaient été effectuées. Vingt-sept refus ont été essuyés et la compagnie — qui a obtenu 130 millions de l’État québécois — attendait toujours 93 réponses.

Nemaska Lithium se donne jusqu’à vendredi pour accepter des propositions non contraignantes.

Il n’a pas été possible d’obtenir davantage de précisions de la part de la compagnie sur le processus de vente ou de sollicitation, lundi, puisque personne n’était disponible pour commenter.

« L’échéancier ne change pas parce que nous pensons qu’il nous permet d’obtenir des propositions intéressantes », avait toutefois indiqué la porte-parole de Nemaska Lithium, Gabrielle Tellier, plus tôt ce mois-ci, au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne.

La compagnie est à la recherche de 1,1 milliard dans le but de pouvoir transformer, dans une usine électrochimique à Shawinigan, du minerai de spodumène extrait de la mine Whabouchi en sels de lithium à valeur ajoutée. Ces derniers seraient ensuite vendus à des fabricants de matériaux de cathodes destinés aux batteries rechargeables au lithium-ion.

La facture du projet, initialement estimée à 875 millions, a bondi à 1,4 milliard en raison des dépassements de coûts, révélés l’an dernier. Un investissement potentiel de 600 millions de la firme londonienne Groupe Pallinghurst a été envisagé, mais celle-ci a décidé, à la fin décembre, de ne pas prolonger la fenêtre exclusive de discussions.

En ce qui a trait à M. Bourassa, il devra continuer à collaborer avec l’entreprise afin de pouvoir toucher son indemnité de départ.

« Il demeure disponible pour répondre aux questions, en plus de fournir des informations aux débiteurs et au contrôleur », est-il écrit dans le rapport.

Selon un document daté du 29 novembre et déposé auprès des autorités réglementaires par Nemaska Lithium, M. Bourassa avait eu droit à une rémunération globale — qui tient compte du salaire de base, des primes et autres avantages — de 1,77 million au cours de l’exercice 2019. Son salaire de base annuel avait été fixé à 431 340 $, selon ce document.

Depuis le départ de M. Bourassa, l’équipe de direction en place et le président du conseil d’administration, Jacques Mallette, nommé en janvier, sont en charge de la recherche d’un investisseur ou d’un acquéreur.

Le titre de Nemaska Lithium a été radié de la Bourse de croissance TSX en février. Investissement Québec, le bras financier de l’État québécois, était à ce moment le plus important actionnaire avec une participation avoisinant 13 %.