(New York) General Motors (GM) a annoncé mercredi une perte nette de 194 millions de dollars au quatrième trimestre 2019, en raison d’une grève historique qui a paralysé ses usines américaines pendant 40 jours à l’automne.

Agence France-Presse

Ce mouvement social a coûté 3,6 milliards de dollars au constructeur automobile, qui se débat pour convaincre les marchés, séduits par Tesla, que sa transition vers les technologies électrique et autonome est en bonne voie.

Le groupe de Mary Barra, qui tient également ce mercredi une journée de présentation de l’entreprise aux investisseurs à New York, est néanmoins parvenu à rester rentable une fois retirés les charges liées à la grève et des coûts de restructuration.

Le bénéfice par action ajusté, référence en Amérique du Nord, est en effet ressorti à 5 cents, bien supérieur au 1 cent anticipé en moyenne par les marchés.

Le chiffre d’affaires a diminué de 19,7 %, à 30,83 milliards de dollars, pâtissant de l’arrêt de la production pendant plus d’un mois. Sur l’année, il a été de 137,2 milliards de dollars, en recul de 6,7 %, pour un bénéfice de 6,7 milliards, en baisse de 16 %.

Pour 2020, le géant de Detroit (nord, Michigan) table sur un bénéfice par action ajusté compris entre 5,75 et 6,25 dollars. Les marchés espèrent, eux, 6,23 dollars.

A Wall Street, le titre gagnait 0,67 % à 34,60 dollars dans les échanges électroniques de pré-séance. Il n’a pris que près de 5 % en dix ans comparé au cours d’introduction de 33 dollars fixé par GM en 2010 pour son retour en Bourse.

GM, comme Ford et Fiat Chrysler, déploie beaucoup d’énergie pour regagner la confiance de la communauté financière, convaincue que l’avenir de l’automobile américaine est désormais écrit par Tesla, un groupe n’ayant jamais pourtant dégagé un seul bénéfice annuel depuis sa création il y a 16 ans.

GM a ainsi annoncé des milliards de dollars d’investissements pour le développement des voitures électriques, dont la construction d’une usine de batteries, en partenariat avec le sud-coréen LG, dans l’État de l’Ohio.  

Des camionnettes à plateau (pickups) et des VUS électriques sont en développement et GM est même allé jusqu’à ramener à la vie le 4X4 à tout faire de l’armée américaine Hummer, symbole de tous les excès automobiles américains. Une version civile et électrique du Hummer sera commercialisée à partir de 2021.

Cadillac, la marque premium de GM, a promis que la plupart de ses modèles seront électriques d’ici 2030.

En parallèle, la filiale de technologie autonome Cruise est en train de construire le Cruise origin, sa nouvelle navette autonome, sans pédale ni volant.