La suspension de la production du 737 MAX décrétée par Boeing aura un impact sur au moins une entreprise québécoise, Alphacasting, dont environ 10 % des revenus proviennent de pièces destinées à cet appareil.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

L’entreprise située dans l’arrondissement de Saint-Laurent coule des pièces métalliques servant aux pompes à huile et aux réservoirs d’huile du meilleur vendeur de Boeing. Ces pièces sont vendues au géant français Safran, constructeur des moteurs du 737 MAX.

« Je ne sais pas ce qui se passe, pour être honnête », a indiqué hier à La Presse Frederic Centazzo, vice-président aux ventes et aux opérations d’Alphacasting. Son entreprise n’avait pas encore reçu d’avis formel concernant sa production. « Il y a de l’incertitude. »

Le client d’Alphacasting, Safran, a indiqué mardi qu’il allait « fortement » réduire la cadence de production de ses moteurs.

« Nous allons avec notre partenaire General Electric effectuer une réduction très forte de notre production, mais nous n’allons pas l’arrêter », a indiqué le directeur général de Safran, Philippe Petitcolin, dans une entrevue au magazine L’Usine nouvelle, rapportée par l’Agence France-Presse.

« Cette production devra être la plus faible possible, a-t-il poursuivi, tout en maintenant l’intérêt d’avoir une ligne de production ouverte. Produire un ou deux moteurs par semaine n’aurait aucun sens. »

Le volume qui sera commandé à Alphacasting reste donc imprévisible.

Pas de mises à pied

Même si le 737 MAX est interdit de vol depuis le mois de mars dernier, Boeing maintenait sa production. Elle en avait toutefois réduit le rythme, passant de 52 à 42 appareils par mois. Chaque appareil compte deux pompes et deux réservoirs à huile. Alphacasting n’est pas l’unique fournisseur de ces pièces.

La baisse s’était fait sentir chez Alphacasting, la production de certaines pièces passant de 50 à 14 par semaine, selon M. Centazzo. À court terme, même un arrêt complet de la production ne devrait pas entraîner de mises à pied.

Il y a deux choses qui vont arriver. Premièrement, ça va aider à rattraper des petits retards qu’on avait ailleurs. Deuxièmement, il y a beaucoup de développement à faire sur d’autres pièces.

Frederic Centazzo, vice-président aux ventes et aux opérations d’Alphacasting

« Il ne faudrait pas qu’ils arrêtent pendant un an, prévient toutefois M. Centazzo. J’ai entendu parler de 90 jours, ça devrait être correct. »

La chaîne de production du 737 MAX, située à Renton, près de Seattle, est considérée comme l’une des plus importantes installations manufacturières du monde. Un économiste de la banque américaine JP Morgan, Michael Feroli, a prédit mardi qu’à elle seule, cette suspension de production pourrait soustraire 0,5 % à la croissance du PIB américain au premier trimestre de 2020, et ce, même si Boeing n’entend pas faire de mises à pied pour le moment.

Les nombreux fournisseurs de l’entreprise pourraient ne pas tous être en mesure de faire de même, estime l’économiste.