Catalyst Capital Group a présenté mercredi une offre publique d’achat concurrente pour mettre la main sur la Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC), ce qui a déclenché une guerre de mots avec l’autre groupe d’investisseurs intéressé à acquérir la plus vieille société du Canada.

Aleksandra Sagan
La Presse canadienne

« Nous sommes ravis d’offrir à tous les actionnaires de HBC une offre supérieure à la transaction imparfaite et coercitive mise en place par (le président exécutif du conseil d’administration de HBC) Richard Baker », a expliqué mercredi le directeur général et associé de Catalyst Capital Group, Gabriel de Alba.

Catalyst offre 11 $ en espèces pour chaque action de HBC, alors que l’offre du groupe dirigé par M. Baker prévoit d’allonger 10,30 $ par action.

Le groupe d’actionnaires dirigé par M. Baker a conclu un accord amical avec le conseil d’administration de HBC le mois dernier, après avoir relevé son offre par rapport à sa proposition initiale, qui était de 9,45 $ par action.

Les actions de HBC ont bondi mercredi de 11,3 %, prenant 1,00 $ pour clôturer à 9,83 $ à la Bourse de Toronto, après avoir atteint en cours de séance un sommet de 10,09 $.

Catalyst détient déjà une participation d’environ 17,5 % dans la Compagnie de la Baie d’Hudson. En octobre, elle a annoncé qu’elle et d’autres actionnaires minoritaires, contrôlant ensemble une participation de 28,24 % dans l’entreprise, avaient l’intention de voter contre l’offre du groupe dirigé par M. Baker.

L’offre Baker, qui est assujettie à l’approbation des tribunaux et des autorités réglementaires, nécessite le soutien de la majorité des actionnaires de HBC, à l’exclusion des actionnaires porteurs de l’offre et de leurs sociétés affiliées, ainsi que l’approbation d’une majorité de 75 % lors d’une assemblée extraordinaire des actionnaires qui doit avoir lieu en décembre.

M. de Alba a souligné que l’offre de Catalyst était financée de manière indépendante, supérieure en valeur et en traitement des actionnaires, et qu’elle pouvait être complétée rapidement.

« Catalyst s’engage à prendre les mesures nécessaires pour que son offre supérieure soit évaluée en fonction de son bien-fondé et pour que le conseil soit en mesure de se libérer de l’influence coercitive de Richard Baker et d’agir pour nous tous », a affirmé M. de Alba dans un communiqué.

« Nous sommes prêts à participer à un processus d’enchères ouvert, juste et concurrentiel. »

Plainte à la CVMO

HBC n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Mais le groupe dirigé par M. Baker a publié une déclaration dans laquelle il fait valoir que l’offre de Catalyst est « une proposition hautement conditionnelle, non contraignante et non exécutable, qui n’est pas soutenue par un financement entièrement engagé et qui est destinée à induire en erreur les actionnaires de HBC ».

Le groupe dit continuer de croire que ses actionnaires reconnaîtront que « son offre toute en espèces, complètement financée […] leur procure une valeur immédiate et certaine, dans un environnement de commerce de détail extrêmement incertain ». Les actionnaires de HBC se prononceront sur l’offre lors d’une assemblée extraordinaire, le 17 décembre.

En présentant sa proposition, Catalyst a également déposé une plainte auprès de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario au sujet de l’offre du groupe de M. Baker.

La firme allègue que l’offre de l’émetteur initié est le résultat d’un processus problématique et a demandé à l’organisme de réglementation d’examiner la proposition et de prendre les mesures appropriées.

« Le processus entourant la proposition de M. Baker a été semé d’embûches et a été truqué en interdisant d’autres offres. Il a été mis en place par M. Baker pour limiter délibérément la valeur pour les actionnaires minoritaires », a fait valoir Catalyst dans un communiqué.

Le comité spécial de HBC, créé en juin pour examiner la première proposition de privatisation, peut ouvrir le processus à Catalyst et à d’autres soumissionnaires, a indiqué Catalyst, soulignant qu’il s’agissait d’un investisseur à long terme dans des entreprises et qu’il possédait les compétences nécessaires pour soutenir HBC.

L’investisseur activiste Land & Buildings a exprimé son intérêt pour la nouvelle proposition.

« Nous continuons de croire que l’offre du groupe de Richard Baker sous-estime terriblement la Baie d’Hudson et ses actifs immobiliers », a affirmé le fondateur Jonathan Litt dans un communiqué, ajoutant qu’il était encouragé par l’annonce de l’offre de Catalyst.

« Land & Buildings souhaite participer financièrement à cette transaction avec Catalyst si elle devait aller de l’avant. »