La nouvelle est tombée tôt mercredi matin : le géant américain Lowe’s a annoncé la fermeture d’une trentaine de magasins au Canada, parmi lesquels on compte 26 magasins Rona, six Lowe’s et deux Réno-Dépôt.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Le magasin Rona de Saint-Lambert en fait partie. Mercredi matin, le personnel était strictement tenu de ne pas s’adresser aux médias. Les employés ont appris la nouvelle dimanche soir, selon une employée de la succursale, qui a préféré préserver son anonymat. « C’est dommage », a-t-elle simplement laissé tomber d’un air désemparé.  

Le magasin Rona du Faubourg Carignan, qui fermera également ses portes en janvier prochain, était complètement vide mercredi en avant-midi. Les multitudes de décorations de Noël offertes dans les allées du grand magasin contrastaient avec la mine sombre des employés, qui discutaient à voix basse de la suite des choses. Questionné de façon informelle par La Presse, l’un d’entre eux a affirmé ne pas s’être laissé abattre par la nouvelle, puisque les postes seraient transférés à d’autres succursales.

« Les employés touchés par ces changements seront soutenus tout au long de la transition. Compte tenu des besoins en personnel existants au sein du réseau Lowe’s Canada, les employés admissibles se verront offrir un transfert dans un magasin environnant », peut-on lire dans un communiqué transmis par Lowe’s mercredi matin.

Un autre magasin Rona se trouve à proximité de la succursale de Carignan et restera ouvert. Il est doté d’une cour à bois, donc serait plus fréquenté.

Pour les entrepreneurs interrogés par La Presse, il ne s’agit « pas d’une grosse perte. » La nouvelle leur est arrivée sans surprise, bien que beaucoup se disaient déçus pour les employés.

« Au moment où ça a été vendu aux Américains, on savait que ça n’allait plus fonctionner. Maintenant, c’est un magasin pour monsieur et madame tout le monde. Il y a plus de décorations de Noël que d’outils », juge Yves Jacques, entrepreneur général à son compte.

Il se rend chez Rona uniquement pour se dépanner, dit-il. « Je suis déçu parce que c’était une entreprise de chez nous, mais il y a d’autres options. J’irai chez BMR. »

Il y avait beaucoup trop de succursales Rona à travers le Québec, pense Charles Saint-Cyr, également entrepreneur. « Je suis loin d’être surpris. Je n’ai jamais aimé Rona et les prix sont exorbitants. Ce n’est pas une perte pour moi, mais c’est très triste pour les employés », admet-il.

L’entrepreneur général François Boissy de Construction Frank, spécialisé dans la rénovation résidentielle depuis 20 ans, ne trouve plus son compte chez Rona.

« Avant, j’y allais régulièrement. Il y avait toujours les deux mêmes employés qui m’aidaient et qui travaillaient là depuis longtemps. Depuis que ç’a été vendu aux Américains, je ne trouve plus les matériaux dont j’ai besoin, il y a vraiment moins de stocks qu’avant. J’ai remarqué aussi que Rona a augmenté ses prix et le service à la clientèle n’est plus là. Donc, je vais maintenant chez l’autre quincaillerie américaine Home Depot. »

- Avec Isabelle Dubé