Après s’être retirée de presque toutes ses activités hors Québec au cours des dernières années, Québecor « aimerait croître » en faisant des acquisitions d’entreprises à l’extérieur du Québec, soutient son président et chef de la direction, Pierre Karl Péladeau.

Vincent Brousseau-Pouliot Vincent Brousseau-Pouliot
La Presse

Questionné jeudi dernier par un analyste financier sur la possibilité d’accroître ses activités hors Québec par l’entremise d’acquisitions, M. Péladeau a indiqué que Québecor « aimerait croître » à l’extérieur du Québec. « Au plan géographique, je crois que vous avez raison de mentionner que nous aimerions croître ailleurs. C’est une question d’opportunité, et nous n’avons rien à annoncer aujourd’hui. Mais nous allons certainement continuer d’être opportunistes », a-t-il dit lors d’une conférence avec des analystes financiers.

« Évidemment, le retour [sur l’investissement] est plus intéressant pour nous si [une acquisition] s’intègre dans notre écosystème au Québec et nourrit notre modèle de convergence, a dit Hugues Simard, chef de la direction financière de Québecor. Cela dit, s’il y a des occasions à l’extérieur du Québec, je suis sûr que tant que la transaction est intéressante, nous allons avoir de l’intérêt, non ? » « Absolument, et ne vous inquiétez pas, nous ne surpaierons pas », a dit M. Péladeau.

Concentré sur le Québec

Depuis cinq ans, Québecor s’est retirée de presque toutes ses activités au Canada anglais pour se concentrer sur le Québec. En 2014, Québecor a vendu ses 175 journaux et publications au Canada anglais à Postmedia pour 316 millions. En 2017, Québecor a choisi de ne pas lancer de service de téléphonie sans fil au Canada anglais. L’entreprise a plutôt revendu ses licences sans fil au Canada anglais à Rogers et Shaw, faisant ainsi des profits de 338 millions sur les licences achetées au gouvernement fédéral.

Vidéotron offre des services de télécommunications uniquement au Québec (et dans la région d’Ottawa). Toutes les autres divisions de Québecor (médias, livres, sports et divertissements) exercent leurs activités presque exclusivement au Québec. Ses acquisitions des dernières années (les studios MELS, un studio de tournage et d’effets visuels, ainsi que Gestev, un promoteur d’événements) ont eu lieu au Québec.

Québecor se dit ouverte à faire d’autres acquisitions, au Québec comme ailleurs. « La culture de l’entreprise a toujours été d’être opportuniste », dit M. Péladeau.

Pas de date pour le 5G

Comme la plupart de ses concurrents, Québecor n’a pas annoncé de date officielle pour le lancement de son service 5G.

Les experts s’attendent à ce que la technologie sans fil 5G – environ 20 fois plus rapide que le 4G – opère une petite révolution dans la téléphone sans fil en raison des capacités hautement supérieures des réseaux (ex. : voitures autonomes, télémédecine, internet des objets).

À titre d’exemple, Rogers compte lancer son réseau 5G en 2020. Bell n’a pas encore annoncé de date officielle.

Alors que les entreprises de télécoms s’apprêtent à investir dans leurs réseaux 5G, le gouvernement fédéral et le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) étudient la possibilité de les forcer à partager leurs réseaux sans fil, en contrepartie de redevances, avec leurs concurrents – incluant de nouveaux concurrents qui n’auraient pas de réseaux.

Une telle obligation d’ouvrir son réseau sans fil retarderait-elle les investissements de Vidéotron (l’entreprise de télécoms de Québecor) dans le 5G ? Pas pour l’instant, peut-être à l’avenir, a répondu Jean-François Pruneau, président et chef de la direction de Vidéotron. « Nous sommes des investisseurs disciplinés et si le retour [sur l’investissement] est affecté par des décisions réglementaires, nous devrons prendre notre décision, a dit M. Pruneau. En fait, je peux vous dire que nous avons déjà pris des décisions [retirer le service d’accès internet 1 Go à la suite d’une décision réglementaire]. »