Le nombre de femmes dans les C.A. ou la haute direction des entreprises augmente lentement. Mais quelles entreprises progressent le plus à ce chapitre ? Et lesquelles font du surplace ? La Presse fait le point.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Cominar, championne sur la route de la parité

Parmi les 24 entreprises québécoises qui valent plus de 2 milliards en Bourse, c’est la fiducie immobilière Cominar, de Québec, qui fait figure de championne sur la route de la parité. Elle est suivie d’un peloton de tête formé de Cogeco, CAE, Dollarama et Gildan, selon un relevé de La Presse qui fait état de la situation en 2019 et de la progression de chaque entreprise à ce chapitre.

Les femmes représentent 16 % en moyenne des postes de haute direction parmi les 24 entreprises québécoises de plus de 2 milliards en valeur boursière. Il y a 10 ans, cette moyenne s’affichait à 10 % seulement. L’analyse se base sur les derniers rapports annuels des entreprises. Des changements peuvent avoir eu lieu depuis, à la hausse ou à la baisse.

Cominar s’approche de la zone paritaire

Chez Cominar, entreprise en tête de liste, plus du tiers (37 %) des hauts dirigeants sont des femmes ; c’est 15 points de plus qu’il y a 10 ans. Cette proportion représente plus du double de la moyenne du contingent analysé par La Presse.

« Je considère la diversité parmi nos dirigeants et nos employés comme l’un des leviers de performances économique et humaine de l’entreprise, déclare le PDG de Cominar, Sylvain Cossette, dans un entretien téléphonique avec La Presse. J’ai toujours été attentif parmi les critères d’embauche de dirigeants à faire en sorte que la composition de l’équipe de direction de Cominar soit bien alignée avec la composition de sa clientèle et de ses autres parties prenantes en affaires. » M. Cossette indique par ailleurs que 44 % des « postes de leadership » dans l’entreprise sont occupés par des femmes.

Chez l’entreprise de télécommunications et de médias Cogeco (qui comprend Cogeco Communications), on attribue la situation enviable à la haute direction (5 femmes sur 16 postes) à des initiatives comme le « Réseau des femmes Cogeco ».

Initié il y a quatre ans par quelques cadres supérieures, ce réseau vise à « faciliter le développement professionnel et le réseautage des femmes à tous les niveaux de l’entreprise, ainsi que des événements », relate Elizabeth Alves, vice-présidente à la stratégie d’entreprise et à la responsabilité sociale chez Cogeco.

PHOTO FOURNIE PAR COGECO

Elizabeth Alves, vice-présidente à la stratégie d’entreprise et à la responsabilité sociale chez Cogeco

Parmi les initiatives pilotées par ce « Réseau des femmes Cogeco », Elizabeth Alves mentionne d’emblée un programme de mentorat de six mois pour les femmes à tous les niveaux d’emploi de l’entreprise. Ce programme est accessible par sélection d’un projet de développement professionnel qui peut être guidé par un ou une cadre supérieur de l’entreprise.

De 0 % à 30 % chez CAE

CAE, meneur mondial des technologies de formation en pilotage, ne comptait aucune femme à la haute direction il y a 10 ans. Aujourd'hui, elles forment 30 % du groupe, la plus forte augmentation parmi les entreprises de notre échantillon.

« Nous avons lancé une initiative de diversité et d’inclusion visant à renforcer la participation des femmes dans notre secteur traditionnellement dominé par les hommes, a déclaré Marc Parent, président et chef de la direction de CAE, lors de l’obtention récente d’une certification de l’organisme Gouvernance au féminin.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Marc Parent, président et chef de la direction de CAE

Je me suis donné comme mission personnelle de veiller à ce que les femmes de CAE puissent réaliser leur plein potentiel en tant que partenaires égales des hommes sur le marché du travail et aient toutes les possibilités d’avancement

Marc Parent, président et chef de la direction de CAE

Plus tôt cette année, aussi, CAE a été sélectionnée parmi les 230 entreprises dans le monde qui font partie du « Gender-Equality Index » de la firme Bloomberg, un géant de l’information financière.

Dollarama arrive au quatrième rang avec deux dirigeantes sur sept membres de la haute direction. Dollarama n’a pas commenté cette situation précise, mais a référé à sa documentation officielle qui explique politique sur la diversité En raison de la taille limitée de l’équipe de haute direction et de la nécessité de s’assurer que les démarches de recrutement et les nominations tiennent compte principalement du mérite des candidats et des besoins de la Société au moment pertinent, le conseil d’administration a décidé de ne pas fixer de cibles concernant la représentation des femmes aux postes de haute direction.

Le fabricant de vêtements Gildan est quant à lui passé de 0 à plus de 25 % de femmes à la direction. 

« Nous avons mis en place une politique de diversité et d’inclusion qui s’applique à tous les échelons de l’entreprise, a commenté Geneviève Gosselin, directrice aux communications et marketing d’entreprise, par courriel. Cette politique comprend des partenariats avec des organismes œuvrant en diversité, des formations de sensibilisation au leadership inclusif et des programmes de commandites pour les femmes au talent très prometteur. »

Couche-Tard flirte avec le top 5

Alimentation Couche-Tard flirte avec le top 5 de la diversité à la haute direction avec 3 femmes sur 15 dirigeants (20 %), alors que l’entreprise avait un score de 0 sur 20 il y a 10 ans.

La mise en place depuis trois ans d’un « Conseil des femmes » qui regroupe une douzaine des femmes les plus hautement gradées dans l’entreprise commence à porter ses fruits.

Aussi, dans toute l’entreprise, plus de la moitié des centaines de postes de supervision et de gestion sont maintenant occupés par des femmes, mentionne Ina Strand, chef de la direction des ressources humaines chez Couche-Tard.

Ces progrès témoignent des engagements fermes en matière de diversité pris il y a quelques années à la haute direction et au conseil d’administration de Couche-Tard, à l’incitation principale d’Alain Bouchard  [cofondateur et président exécutif du conseil].

Ina Strand, chef de la direction des ressources humaines chez Couche-Tard

« Il se préoccupait alors de la présence insuffisante de femmes parmi les dirigeants de Couche-Tard alors qu’une part significative de ses employés et des clients sont des femmes. »

Power, Bombardier et Domtar : que des hommes à la direction

Trois entreprises québécoises avec une valeur boursière d’au moins 2 milliards de dollars ne comptent toujours aucune femme au sein de leur haute direction : Power Corporation, Bombardier et Domtar.

Comment expliquer un tel déficit de diversité à la haute direction de ces entreprises ?

Chez Power Corporation et Corporation financière Power, qui ne comptent aucune femme parmi leurs 24 hauts dirigeants, on affirme « reconnaître le rôle important d’une plus grande diversité, incluant la diversité des genres, pour assurer une variété des points de vue au sein du conseil d’administration et de l’équipe de direction ».

Aussi, indique Stéphane Lemay, vice-président et chef du contentieux chez Power, l’entreprise est « engagée à promouvoir la diversité au sein du conseil, de notre haute direction et dans l’ensemble de nos activités ».

Power Corporation se trouve aussi parmi les cinq entreprises qui, non seulement, sont sous la moyenne de 16 % de femmes parmi leurs hauts dirigeants, mais qui, par surcroît, ont vu leur score reculer par rapport au niveau d’il y a 10 ans – les autres sont CGI, SNC-Lavalin, BCE et Stella-Jones.

Bien que la haute direction de Power n’en compte présentement aucune, les femmes représentent 23 % des membres de la haute direction au sein des sociétés du groupe, y compris nos filiales cotées en Bourse et leurs filiales principales respectives.

Stéphane Lemay, vice-président et chef du contentieux chez Power

Bombardier

Chez Bombardier, qui se démarque aussi par l’absence de femmes au sein de sa haute direction, comme il y a 10 ans, on admettait dans la plus récente circulaire de direction distribuée aux actionnaires que les objectifs de diversité établis en 2015 n’avaient « pas été atteints » trois ans plus tard.

Par contre, lorsque l’on considère l’ensemble des « postes de gestion », le pourcentage de femmes voisine les 20 %, souligne-t-on chez Bombardier.

« C’est encore sous l’objectif de 25 % que nous partageons avec nos partenaires dans nos secteurs industriels [avions et trains], et dont les effectifs de production et de gestion sont traditionnellement plus masculins », explique Olivier Marcil, vice-président aux relations externes et porte-parole corporatif.

Mais comme nous voulons continuer de progresser, il ne faut pas craindre d’établir des objectifs plus élevés. Entre-temps, on rehausse des initiatives comme notre programme de stages en emploi, récemment augmenté à 1000 postes par an au Canada avec l’objectif de 40 % de femmes.

Olivier Marcil, vice-président aux relations externes et porte-parole corporatif, chez Bombardier

Une femme à la haute direction

Du côté du fournisseur de produits de bois Stella-Jones, une seule femme fait partie de la haute direction, qui compte pourtant 21 membres.

« Il est vrai que nous avons un faible pourcentage de femmes au sein de la haute direction, commente le nouveau PDG de Stella-Jones, Éric Vachon, nommé en septembre. En revanche, les femmes représentent 20 % des postes [décisionnels] et occupent des postes d’influence en matière d’opération, de finances, de santé-sécurité et de ressources humaines. »

Nous avons encore du travail à accomplir avant d’atteindre une meilleure diversité hommes-femmes au sein de la haute direction. À l’interne chez Stella-Jones, le message est clair que les possibilités d’avancement sont réelles et encouragées pour tous.

Éric Vachon, PDG de Stella-Jones

Chez BCE, une seule femme, la Québécoise Martine Turcotte, figure au sein de la haute direction identifiée dans le rapport annuel. L’entreprise affirme néanmoins avoir « réussi à accroître la représentation des femmes dans nos postes de direction, ainsi que dans notre conseil d’administration ».

Dans un commentaire transmis par courriel, la porte-parole Vanessa Dehma soutient qu’à « la fin de 2018, les femmes occupaient 29 % des postes de direction [vice-présidences et cadres supérieurs]. Notre objectif est d’atteindre 35 % d’ici la fin de 2021. »

Domtar n’a pas répondu à notre demande de commentaires.

Les femmes majoritaires au conseil de Cogeco

Parmi le contingent d’entreprises québécoises de plus de 2 milliards en Bourse, on ne retrouve plus de conseil d’administration sans femmes dans ses rangs. Il y a dix ans, on en aurait compté au moins six. Cogeco et sa filiale Cogeco Communications peuvent même se targuer de compter une majorité de femmes à leur conseil (7 sur 13).

Autre signe de progrès : près du tiers (31 %) des postes d’administrateurs parmi ces entreprises sont maintenant occupés par des femmes. C’est presque trois fois plus qu’il y a une décennie.

Aussi, cette proportion de 31 % s’avère plus élevée que la moyenne de 24 % parmi 140 entreprises canadiennes de plus de 2 milliards en Bourse, selon un rapport récent des régulateurs financiers au Canada, dont l’Autorité des marchés financiers (AMF) au Québec.

Les données rassemblées par La Presse proviennent des plus récentes circulaires de direction des entreprises. Il peut y avoir eu des changements depuis.

Parmi les entreprises en tête de liste, Cogeco mène la marche, elle qui figure aussi dans le top 5 de la diversité dans la haute direction.

Le géant fromager Saputo s’illustre au deuxième rang, avec une proportion de femmes à son conseil d’administration qui a plus que doublé – de 20 % à 50 % – depuis quelques années.

« Notre conseil d’administration est à parité depuis presque cinq ans. Et nous l’avons atteint malgré l’absence d’objectifs formels », affirme Sandy Vassiadis, vice-présidente aux communications et responsabilités corporatives chez Saputo.

Cette parité résulte plutôt d’un sentiment établi que c’est important d’avoir une diversité dans la haute direction pour bien refléter le monde dans lequel nous évoluons avec nos clients et consommateurs, nos milliers d’employés ainsi que l’ensemble de nos parties prenantes en affaires.

Sandy Vassiadis, vice-présidente aux communications et responsabilités corporatives chez Saputo

Québecor, qui n’a pas répondu à notre demande de commentaires, se classe aussi dans une zone paritaire (entre 40 et 60 % de femmes), avec quatre femmes sur neuf membres du C.A. (44 %).

« Le conseil d’administration de Québecor a toujours été sensible à la question de la représentation féminine au conseil, écrit l’entreprise dans sa dernière circulaire de direction. Il considère que la diversité donne lieu à des échanges plus riches. »

En 2017, le conseil de l’entreprise s’était donné jusqu’en 2020 pour atteindre une cible de 40 % de femmes administratrices. Québecor a atteint son but cette année avec la nomination de Manon Brouillette, ex-patronne de Vidéotron.

La Banque Nationale arrive en quatrième position avec un conseil qui compte 6 administratrices parmi les 14 membres (43 %). « Depuis 10 ans, la Banque Nationale compte une politique qui prévoit la parité hommes-femmes dans les candidatures proposées au poste d’administrateur », précise Claude Breton, vice-président, affaires publiques et relations avec les investisseurs de la banque.

Le fabricant de produits de bois Stella-Jones, pourtant en fond de liste pour la proportion de femmes dans la haute direction, affiche un bon score pour la proportion de femmes au C.A. (42 %).

« Depuis 2014, Stella-Jones a mis en place une politique pour la diversité au sein du conseil d’administration qui reconnaît l’importance d’intégrer des personnes d’âges, de sexes et d’origines culturelles différents, précise le PDG Éric Vachon. Nous sommes fiers de l’impact qu’a eu cette politique. »

À la traîne

À l’opposé, Power Corporation et sa filiale Corporation financière Power, qui ne comptent aucune femme à la haute direction, se retrouvent aussi en dernière position du classement concernant la présence de femmes au conseil (3 sur 16, ou 18 %).

Le vice-président et chef du contentieux de Power, Stéphane Lemay, souligne toutefois une présence plus élevée de femmes au conseil de certaines filiales du conglomérat aussi cotées en Bourse.

Les femmes représentent 22 % de la composition du conseil d’administration chez Great-West Lifeco et 33 % chez la Financière IGM.

Stéphane Lemay, vice-président et chef du contentieux chez Power

Autre constat, deux des entreprises les mieux classées pour la diversité hommes-femmes parmi leurs hauts dirigeants, soit Cominar et CAE, se retrouvent à l’opposé du classement pour la diversité au C.A.

À la société immobilière Cominar, où deux des neuf membres du conseil (22 %) sont des femmes, on fait part de l’objectif d’entreprise « que les femmes représentent au moins 30 % des membres du conseil d’ici décembre 2021 ».

Cela implique l’ajout d’au moins deux administratrices au conseil au cours des deux assemblées annuelles d’actionnaires prévisibles d’ici là.

Un défi semblable se présente chez CAE, qui ne compte encore que deux femmes parmi les dix membres de son conseil d’administration.

Dans sa récente politique « pour augmenter la diversité et l’inclusion au sein de sa main-d’œuvre », signale la porte-parole Pascale Alpha, la direction de CAE veut « faire en sorte que 30 % des membres du conseil d’administration soient des femmes d’ici l’exercice 2022 », soit dans trois ans.

Redevances aurifères Osisko fait état d’un conseil d’administration composé de deux femmes et de six hommes dans sa plus récente circulaire de direction.

«  Depuis ses débuts, Osisko encourage la participation des femmes au sein de l’organisation, incluant les membres de la haute direction et du conseil d’administration », soutient le président de l’entreprise, Bryan Coates. Il note que deux administratrices indépendantes de la direction occupent des fonctions de premier plan en tant que présidente du Comité de vérification et présidente du Comité des ressources humaines et de développement durable. Osisko fait par ailleurs partie du groupe du Club des 30 %, un regroupement d’entreprises qui s’engagent à compter plus de 30 % de femmes à la direction ou au conseil d’ici 2022.

Dollarama affiche le même score que Cominar, avec 22 % de femmes au conseil. « En 2018, le conseil d’administration de Dollarama a adopté une politique sur la diversité hommes-femmes au sein du conseil, qui prévoit que chaque genre devrait représenter au moins 25 % des administrateurs indépendants du conseil d’administration. À l’heure actuelle, le conseil respecte son objectif avec deux administratrices sur sept membres indépendants », a commenté l’entreprise par courriel.

Et dans les coops ?

Comment se comparent les grandes coops québécoises en matière de diversité hommes-femmes à leur tête ? État des lieux.

Desjardins

Parmi ces grandes coopératives, le Mouvement Desjardins se classe en tête de liste pour la présence de femmes (36 %) parmi ses hauts dirigeants, et loin devant la moyenne de 16 % recensée parmi les grandes entreprises québécoises de plus de deux milliards en Bourse.

Comment y est-il parvenu ? Et quels objectifs pour la suite ?

« Desjardins est déterminé à atteindre la parité hommes-femmes au sein de son équipe de cadres supérieurs à l’échelle du groupe, ainsi que de celles des administrateurs de ses caisses et de la Fédération », lit-on dans son plus récent Rapport de responsabilité sociale et coopérative qui accompagne son rapport annuel.

Par exemple, depuis janvier 2019, la haute direction de Desjardins a « rehaussé ses ambitions en faisant passer sa cible [de femmes en postes directionnels] de 30 % à 50 % d’ici 2024. »

Pour y parvenir, Desjardins vient de doubler – de 30 à 60 par an – le nombre de participantes à son programme de perfectionnement nommé « Défi 100 jours L’effet A » qui vise à « propulser l’ambition des femmes professionnelles et gestionnaires de premier niveau » dans l’ensemble de l’organisation.

Agropur

Chez Agropur, où la proportion de femmes dans la haute direction (20 %) et le conseil d’administration (30 %) se compare à la moyenne parmi les entreprises québécoises de valeur supérieure en Bourse, on fait mention néanmoins d’une volonté d’accélérer la progression de femmes dans les postes de direction intermédiaire et supérieure.

Par exemple, depuis un an, une douzaine de femmes dirigeantes provenant du siège social et de bureaux régionaux se réunissent mensuellement afin de suivre l’évolution de la diversité dans leur sphère de responsabilités, et de définir des « priorités d’intervention » si nécessaire, explique Véronique Boileau, vice-présidente aux communications chez Agropur.

Un exemple d’intervention ? « Dans notre programme de développement et de mentorat pour la relève en personnel-cadre, nommé “VisionR”, la proportion des femmes restait basse : environ le tiers de la centaine de participants depuis trois ans », relate Mme  Boileau.

Pour corriger cette lacune, ce programme “VisionR” requiert désormais la parité hommes-femmes parmi ses prochaines cohortes d’aspirants à des postes de cadres et de direction.

« Ce changement nous donne bon espoir d’augmenter le vivier de talents féminins et d’augmenter le nombre de femmes dans les postes-clés chez Agropur », souligne Véronique Boileau.

Coop fédérée

La Coop fédérée affiche une plus faible performance que les deux autres grandes coops en matière de parité. Son dernier rapport annuel fait état de 16 % de femmes au conseil et 12 % à la haute direction.

« Notre conseil d’administration est composé de 16 administrateurs, dont un poste est dédié à une représentation féminine, explique par courriel Marie-Hélène Cliche, directrice des communications corporatives à la Coop fédérée. Notez que pour siéger au conseil d’administration de La Coop fédérée, il faut d’abord être élu-e dans son instance régionale. Beaucoup de travail est fait sur le terrain pour valoriser la présence des femmes sur les conseils d’administration des coopératives affiliées à notre réseau. »

Concernant la haute direction, la Coop mentionne qu’elle a reçu cette année la « Certification parité niveau or » de l’organisme « Gouvernance au féminin », et qu’une femme deviendra en février la Secrétaire générale de l’entreprise, une première à la Coop.

« Le milieu agroalimentaire est un milieu où, historiquement, il y a toujours eu une prédominance masculine, ajoute Mme Cliche. Beaucoup de chemin a été parcouru au cours des dernières années et nous sommes conscients qu’il en reste beaucoup à faire pour atteindre la parité. »