Nemaska Lithium, qui mène des discussions de la dernière chance pour refinancer son projet de mine et d’usine de lithium, a les fonds nécessaires pour se rendre en 2020, a assuré hier son président, Guy Bourassa.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Lors d’une conférence téléphonique en compagnie du cofondateur de Pallinghurst, le fonds européen qui veut investir 600 millions dans l’entreprise, M. Bourassa s’est dit très content des travaux qui se poursuivent à la mine de Whabouchi et à l’usine de démonstration de Shawinigan.

« Les risques du projet diminuent tous les jours », a-t-il soutenu. L’entreprise a encore 138 millions dans ses coffres, ce qui devrait pouvoir la mener jusqu’en 2020, selon lui.

Pour sa part, Arne Frandsen, cofondateur de Pallinghurst, maintient le même intérêt pour Nemaska Lithium, à qui il a offert de prendre une participation à un prix de 0,25 $ l’action, même si le titre est tombé récemment aussi bas que 0,21 $.

Il estime que Nemaska Lithium a un projet « de classe mondiale », qui n’a pas perdu de sa valeur. « Nous allons faire ce que nous pouvons pour devenir des partenaires », a-t-il dit.

Le titre de Nemaska a semblé revigoré par ces paroles et a grimpé de presque 7 % hier, à un peu plus de 0,23 $.

Pallinghurst n’a pas l’intention d’acheter l’entreprise, a par ailleurs répondu Arne Frandsen à la question d’un analyste. Il estime qu’une entreprise inscrite en Bourse fait preuve de plus de discipline et a généralement une meilleure gouvernance qu’une entreprise privée.

Le président Guy Bourassa a soutenu de son côté que la possibilité de vendre l’entreprise « n’a jamais été sur la table ».

Nemaska et Pallinghurst ont convenu de se donner plus de temps, soit jusqu’au 31 décembre, pour conclure une transaction. Ce n’est pas parce que ça se passe mal, ont répété leurs dirigeants, mais parce qu’il faut prendre le temps de trouver une solution de relance qui satisfasse tout le monde.

Le gouvernement du Québec, principal actionnaire de Nemaska, et la firme japonaise Softbank font aussi partie des discussions.

350 millions US

En même temps, Nemaska Lithium tente toujours de se départir d’une créance obligataire de 350 millions US contractée auprès d’investisseurs européens, qui contestent cette intention. L’entreprise pourrait renégocier les conditions liées à cette créance, a indiqué hier Guy Bourassa.

En 2018, l’entreprise a réuni un financement de 1,1 milliard pour réaliser son projet. En février 2019, Nemaska a fait savoir qu’il lui faudrait trouver 375 millions supplémentaires pour le mener à bien.

Jusqu’à maintenant, l’entreprise a dépensé 237,7 millions pour son projet de mine et 123,2 millions à son usine de démonstration de Shawinigan.

Nemaska Lithium affiche une perte de 27,7 millions à son dernier exercice, plus de deux fois supérieure à celle de 12 millions de l’exercice précédent.