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Bombardier vend le CRJ à Mitsubishi

L'aventure de Bombardier dans l'aviation commerciale est officiellement terminée avec l'annonce,  mardi matin, de la vente du programme d'avions régionaux CRJ à Mitsubishi Heavy Industries, pour une somme de 550 millions de dollars américains.

Plus précisément, Mitsubishi fait l'acquisition des activités « de maintenance, de soutien, de remise à niveau, de marketing et de vente » relatives aux avions CRJ.

Les installations d'assemblage de l'avion, à Mirabel, resteront propriété de Bombardier. Cette dernière continuera de produire, pour le compte de Mitsubishi, les avions CRJ jusqu'à l'épuisement de son carnet de commandes actuel, vers la deuxième moitié de 2020.

Environ 1600 personnes sont actuellement affectées au programme CRJ. Le sort de la majorité d'entre eux, 1200, est déjà déterminé. 

Environ 900 employés membres du réseau de service après-vente de l'appareil, surtout aux États-Unis, seront transférés chez Mitsubishi. C'est aussi le cas d'environ 300 personnes, surtout au Québec, affectées aux ventes, à l'ingénierie, à la logistique ou au service à la clientèle.

Restent environ 400 personnes (250 à l'assemble proprement dit, 150 au soutien) liées à la production, à l'usine de Mirabel. Le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, s'est dit confiant que ceux-ci pourraient être transférés chez Airbus, où la production de l'A220 s'accélère, ailleurs chez Bombardier ou, « au pire », ailleurs dans l'industrie aéronautique québécoise, en grand manque de main-d'oeuvre qualifiée.

L'usine de Mirabel, que Bombardier loue à Airbus, sera restituée à son propriétaire au terme de la production des 42 appareils CRJ restant au carnet de commandes.

« Nous espérons pouvoir maintenir le plus d'emplois possible, voire en augmenter le nombre », a indiqué le chef des communications et du marketing mondial de Mitsubishi Heavy Industries, Daniel Lochmann.

La clôture de la transaction est prévue pour la première moitié de 2020. 

Le syndicat des machinistes, qui représente les employés de production du CRJ à Mirabel et à Saint-Laurent, où sont fabriquées des composantes, a réagi de façon posée.

« Notre principale préoccupation est de trouver des réponses à nos questions et de travailler pour limiter les dégâts pour nos membres touchés », a déclaré dans un communiquée président de la section locale 712 de l'AIMTA, Yvon Paiement. « Nous allons d'abord travailler pour relocaliser les emplois chez Bombardier. »

Une entente de réciprocité conclue au moment de la cession du contrôle du programme C Series (maintenant A220) à Airbus pourrait aussi faciliter le transfert de certains de ces employés à la production de l'A220.

« Depuis Le Bourget, la question n'était plus de savoir si, mais quand la vente allait avoir lieu, a pour sa part expliqué David Chartrand, coordonnateur québécois du Syndicat des Machinistes, également dans un communiqué. C'est la fin d'une époque et c'est extrêmement malheureux. Cela dit, c'est certain que nous demandons d'avoir une rencontre avec Mitsubishi afin de voir s'ils ont l'intention de s'impliquer davantage dans l'écosystème aérospatial québécois. À ce sujet, j'ai déjà eu l'occasion de discuter brièvement avec le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon et nous espérons pouvoir travailler avec lui pour tenter d'attirer Mitsubishi au Québec.»

La rumeur de discussions entre les deux entreprises à ce sujet est née au début du mois de juin et avait rapidement été confirmée par les intéressées. Mitsubishi développe depuis le milieu des années 2000 son propre programme d'avions régionaux, mais n'a toujours livré aucun avion. La première mise en service est pour l'instant prévue pour le milieu de l'année prochaine.

Selon de nombreux analystes, le conglomérat japonais s'intéressait surtout au réseau de service après-vente du CRJ, qui sera mis à contribution pour son propre avion, et à l'expertise de ses ingénieurs, qui sera mise à profit dans le développement et la certification des appareils.

En entrevue à La Presse la semaine dernière, à Paris, un dirigeant de Mitsubishi Aircraft s'était montré très intéressé à conserver des équipes de développement à Mirabel.




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