(Toronto) La firme Glass Lewis recommande aux actionnaires de la Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC) d’accepter l’offre de rachat d’un groupe dirigé par le président exécutif du détaillant, une position qui contraste avec un avis contraire, présenté plus tôt par une autre société de conseil.

La Presse canadienne

Glass Lewis fait valoir que la proposition offre aux actionnaires de la certitude par rapport à la valeur de leurs actions, avec une prime de marché appréciable et une évaluation relativement attrayante.

Le groupe dirigé par Richard Baker a offert 10,30 $ par action, une offre inférieure à celle de 11 $ par action proposée par l’actionnaire dissident Catalyst Capital Group.

Glass Lewis a noté que certains actionnaires pourraient être tentés d’attendre de voir si le groupe dirigé par Baker pourrait éventuellement soutenir une offre différente, mais a ajouté qu’il n’existait « aucune preuve convaincante » que cela pourrait se produire.

« Ainsi, en l’absence de la transaction envisagée dans le cadre de l’accord d’arrangement, nous pensons qu’il est raisonnable de s’attendre à ce que le cours de l’action de la société connaisse une baisse substantielle de sa valeur dans l’immédiat, toute reprise future des cours étant conditionnelle à de nouvelles incertitudes importantes », a indiqué la firme.

Par ailleurs, un panel de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario a accepté d’entendre la demande de Catalyst, qui détient environ 17,49 % des actions de HBC, au terme d’une audience qui s’est tenue mercredi, a indiqué la porte-parole Kristen Rose dans un courriel.

Des audiences auront ainsi lieu jeudi et vendredi pour évaluer le bien-fondé de la requête de Catalyst. Cette dernière demande au groupe de réglementation de bloquer l’offre de privatisation ou, au moins, de demander à HBC de modifier sa circulaire d’information.

Un comité spécial du conseil d’administration de HBC, formé pour examiner les propositions, a déjà rejeté l’offre de Catalyst en faisant valoir que le groupe dirigé par M. Baker, qui détient une participation de contrôle dans le détaillant, n’avait aucune intention de vendre ses titres.

Pour sa part, Glass Lewis dit n’observer aucune voie viable pour que l’offre de Catalyst gagne l’approbation des actionnaires.

Le conseiller en procuration Egan-Jones a également recommandé aux actionnaires de voter pour la transaction, estimant que c’était une approche souhaitable pour maximiser la valeur pour les actionnaires.

David Leith, président du comité spécial de HBC, a souligné que le soutien des firmes de conseils aux actionnaires démontrait que l’offre dirigée par M. Baker était équitable pour les actionnaires minoritaires.

« Leurs recommandations renforcent également la nature exhaustive de l’évaluation du comité spécial, y compris la prise en compte des risques applicables, des occasions et des autres options disponibles, ainsi qu’une reconnaissance de nos efforts, notamment les négociations approfondies pour maximiser la valeur pour nos actionnaires », a affirmé M. Leith dans une déclaration.

Cependant, les recommandations d’accepter l’offre s’opposent à celle émise lundi par Institutional Shareholder Services (ISS), qui a conseillé aux actionnaires de rejeter l’offre du groupe de M. Baker.

ISS a soulevé plusieurs préoccupations au sujet du processus de vente, notamment au sujet des divulgations et de la capacité du comité spécial à examiner d’autres propositions.

Gabriel de Alba, directeur général et partenaire de Catalyst, a souligné que Glass Lewis avait ignoré tous les problèmes liés à la création du groupe de M. Baker et souscrivait à la menace que la prise en charge proposée par ce groupe soit la seule option.

« ISS a reconnu ces problèmes et a interpellé le conseil d’administration de HBC et le groupe d’initiés », a affirmé M. de Alba dans un communiqué.

« Nous continuons de maintenir notre offre supérieure et pensons qu’il existe d’autres options pour maximiser la valeur pour les actionnaires. Si le conseil d’administration n’agit pas dans l’intérêt supérieur de tous les actionnaires, Catalyst est prête à réclamer un changement au conseil d’administration pour garantir la protection des intérêts des actionnaires minoritaires. »