(Vaughan) Le producteur de cannabis en difficulté CannTrust Holdings a annoncé la mise à pied temporaire d’un maximum de 140 personnes, soit environ le quart de son effectif, alors qu’il tente de se conformer à la réglementation de Santé Canada.

La Presse canadienne

Son action a perdu vendredi 12 cents, soit 6,9 %, pour clôturer à 1,62 $ à la Bourse de Toronto, après avoir retraité jusqu’à 1,52 $ en cours de séance.

La société de Vaughan, en Ontario, a annoncé jeudi soir qu’elle procéderait à une série de mises à pied progressives entre la fin octobre et la fin de l’année. Cette décision devrait permettre de réaliser des économies mensuelles d’environ 400 000 $ et pourrait coûter jusqu’à 800 000 $ en indemnités de licenciement si les employés ne sont pas rappelés dans un délai de 35 semaines.

« C’était une décision difficile à prendre, mais il est impératif que notre effectif reflète les exigences actuelles de notre entreprise », a expliqué dans un communiqué le président du conseil d’administration et chef de la direction par intérim de CannTrust, Robert Marcovitch.

« La réduction des dépenses d’exploitation courantes de la société soutient notre viabilité financière et nous place dans la meilleure position pour reprendre complètement la production dès le rétablissement de nos licences. Nous sommes impatients de réembaucher à ce moment-là. »

Les économies tirées de ces mises à pied dépendront du moment choisi pour rappeler les employés, en attendant le rétablissement des licences de l’entreprise par Santé Canada, a expliqué CannTrust.

CannTrust est plongé dans la tourmente depuis qu’il a révélé en juillet que Santé Canada avait découvert des cultures illicites de cannabis dans des pièces non autorisées de sa serre de Pelham, en Ontario. La société a par la suite congédié son chef de la direction « avec motifs » et demandé au président de son conseil de démissionner, dans la foulée d’une enquête interne.

Santé Canada a suspendu les licences de production et de vente de cannabis de CannTrust en septembre.

La société a soumis le 21 octobre un plan détaillé de mesures de remédiation à l’agence fédérale. Elle prévoit d’achever les travaux décrits dans le plan d’ici la fin du premier trimestre de 2020.

Ce plan comprend un programme de formation interne étendu, un cadre de gouvernance et d’exploitation renforcé et des améliorations d’infrastructure. Il inclut également la destruction, précédemment annoncée, de 77 millions de plantes et de produits de cannabis dont la culture n’était pas autorisée par la licence de CannTrust.

« CannTrust est convaincue que son plan de remédiation répond à tous les problèmes de conformité identifiés par Santé Canada », a affirmé M. Marcovitch.

CannTrust a également précisé qu’un comité spécial avait achevé son enquête sur les causes de sa non-conformité vis-à-vis de la réglementation de Santé Canada, et qu’il avait présenté son rapport au conseil d’administration.

La société a indiqué que cette enquête impliquait un examen indépendant approfondi des courriels et d’autres documents de CannTrust, ainsi que des entretiens avec des employés actuels et anciens, certains membres de la direction et tous les membres du conseil d’administration actuel.

« Il est important de noter que l’enquête du comité spécial n’a trouvé aucune preuve que l’un des membres restants du conseil d’administration était au courant de l’existence de problèmes de non-conformité et y avait participé », a souligné le président du comité spécial, Mark Dawber, dans un communiqué.