(Leamington) Le premier trimestre complet de ventes d’Aphria depuis la légalisation du cannabis à usage récréatif n’a pas répondu aux attentes des investisseurs, et le producteur a affiché une perte trimestrielle prononcée, attribuable notamment à une charge de dépréciation de 50 millions liée à ses activités en Amérique latine.

La Presse canadienne

La société de Leamington, en Ontario a en outre indiqué lundi que Green Growth Brands avait abandonné l’offre d’achat non sollicitée qui la visait.

Même si le producteur de cannabis a vu ses revenus nets grimper de plus de 600 % à 73,8 millions au cours de son troisième trimestre clos le 28 février, il a enregistré une perte nette de 108,2 millions.

En comparaison, ses revenus nets avaient atteint 10,3 millions et son bénéfice net, 12,9 millions, au cours de la même période de l’année précédente.

Aphria a généré des recettes de 7,19 millions en cannabis non médical, un chiffre en baisse de 34,9 % par rapport aux 11,03 millions du trimestre précédent, qui ne représentaient qu’un mois et demi de ventes de marijuana récréatives.

L’action d’Aphria a reculé de 1,91 $, soit 14,24 %, pour clôturer à 11,50 $ à la Bourse de Toronto.

Aphria a expliqué que la perte trimestrielle était en grande partie attribuable à une augmentation des frais généraux et administratifs liés au renforcement de ses capacités, ainsi qu’à des frais généraux plus élevés liés aux pénuries d’approvisionnement et à une « augmentation temporaire » des coûts d’emballage et de distribution pour le marché du cannabis récréatif.

Irwin Simon, président du conseil d’administration et chef de la direction par intérim d’Aphria, a indiqué que la société travaillait à l’augmentation de sa capacité croissante et à la rationalisation de ses processus et s’engageait dans un plan stratégique de 90 jours.

« Nous devrions absolument, en septembre, avoir suffisamment de produits pour approvisionner les provinces », a-t-il affirmé à des analystes lors d’une conférence téléphonique. « Et en ce qui concerne la réduction des coûts, en automatisation, un plan important est en place. »

La perte par action du plus récent trimestre a atteint 43 cents, ce qui se compare à un profit de 12,9 millions, ou 8 cents par action, pour la même période un an plus tôt.

Les analystes visaient plutôt un bénéfice par action de 3 cents, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon. Ceux-ci s’attendaient en outre à un chiffre d’affaires de 85,2 millions.

Aphria a précisé que la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario lui avait demandé d’effectuer un test de dépréciation sur ses actifs dans cette région du monde et la société a déterminé qu’elle devrait inscrire une charge de dépréciation hors trésorerie de 50 millions.

Cette dépréciation d’actif survenait après qu’une firme de vendeurs à découvert eut accusé l’entreprise, en décembre, d’avoir acheté des actifs en Amérique latine à un prix « largement exagéré », ce qui a convaincu le conseil de l’entreprise de former un comité spécial pour mener sa propre enquête à ce sujet.

Ce comité a déterminé que le prix allongé pour les actifs avait été acceptable, mais la société a précisé lundi que la charge de dépréciation s’expliquait par une réévaluation de certaines prévisions financières liées à de nouvelles informations. Ces nouvelles données évoquaient notamment des dépenses plus élevées que prévu, a précisé Aphria.

Par ailleurs, Aphria a annoncé avoir conclu une entente avec Green Growth Brands (GGB), qui verra cette dernière abandonner son offre hostile sur le producteur.

L’offre non sollicitée de GGB a été présentée plus tôt cette année, après qu’Aphria eut été ciblée par les vendeurs à découvert, ce qui a fait retraiter le cours de son action. Aphria avait rejeté l’offre toute en action, qui prévoyait 1,5714 action de GGB pour chaque action d’Aphria, en affirmant qu’elle sous-évaluait la société.

Les deux entreprises ont annoncé lundi une série de transactions qui mettront en fait fin à l’offre non sollicitée de GGB sur Aphria. Celles-ci comprennent notamment l’accélération de l’expiration de l’offre au 25 avril, plutôt qu’au 9 mai. GGB a également accepté de payer 89 millions pour racheter 27,3 millions de ses actions détenues par GA Opportunities.