La direction des Compagnies Loblaw s'est montrée étonnée, jeudi, de la vigueur de sa performance au plus récent trimestre, compte tenu de la forte inflation des aliments.

Mis à jour le 25 févr. 2016
Aleksandra Sagan LA PRESSE CANADIENNE

Les prix des aliments ont grimpé de quatre pour cent entre janvier 2015 et le mois dernier, selon les données de l'indice des prix à la consommation de Statistique Canada. Cette croissance était attribuable à une hausse de 12,9 pour cent des prix des fruits frais et à une progression de 18,2 pour cent des prix des légumes frais.

«Jusqu'à maintenant, notre habileté à traverser cette inflation nous a étonné», a affirmé le président du conseil et président de Loblaw, Galen Weston, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes pour discuter des plus récents résultats trimestriels de l'entreprise.

M. Weston dit ne pas avoir observé de changement important dans les comportements des consommateurs de Loblaw, qui compte environ 900 magasins sous diverses bannières - notamment Provigo au Québec.

Les ventes de pommes de terre ont augmenté lorsque les prix des choux-fleurs ont bondi, a-t-il illustré, tout en précisant qu'il est habituel de voir certains consommateurs se tourner vers un produit moins dispendieux lorsque le coût d'un aliment en particulier grimpe au-delà d'un certain seuil.

En Alberta, où l'économie est soumise à une plus grande pression en raison du plongeon des prix du pétrole et du gaz naturel, Loblaw observe un «élan disproportionnel» chez ses magasins No Frills à bas prix, a souligné M. Weston.

Selon l'analyste Brittany Weissman, de la firme Edward Jones, Loblaw est aidée par le fait que toutes les grandes chaînes d'épiciers semblent augmenter les prix.

En outre, il existe une demande pour les produits qui ont été le plus touchés par l'inflation - comme les fruits, les légumes et la viande - alors certaines personnes sont prêtes à allonger de plus gros montants, observe Mme Weissman.

Malgré tout, le bénéfice du quatrième trimestre de Loblaw a glissé de plus d'un tiers par rapport à la même période un an plus tôt - plus en raison des coûts et des éléments de comptabilité non récurrents qu'en raison de la performance de ses magasins.

Les ventes d'ensemble se sont établies à 10,86 milliards $, un montant en baisse par rapport à celui du même trimestre un an plus tôt - lequel comptait une semaine de plus -, mais en hausse de 241 millions $, ou 2,3 pour cent, par rapport au montant de 10,6 milliards $ obtenu en l'ajustant sur une base de 12 semaines.

Le bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires pour le quatrième trimestre a reculé à 128 millions $, ou 31 cents par action.

En comparaison, Loblaw avait engrangé un bénéfice de 247 millions $, soit 60 cents par action, pour le quatrième trimestre de l'an dernier. En excluant l'impact de la semaine supplémentaire dans les résultats de l'an dernier, le bénéfice du quatrième trimestre de 2014 aurait été de 195 millions $, soit 47 cents par action.

Selon Loblaw, le plus faible profit était attribuable en grande partie à des éléments non récurrents, incluant la dépréciation d'actifs de vente au détail de médicaments, ainsi que des coûts liés aux changements apportés aux contrats de travail dans certains magasins pour les rendre plus efficaces.

La dépréciation des actifs de détail de médicaments ont privé le bénéfice de 112 millions $, soit 20 cents par action - ce qui en faisait le plus important élément extraordinaire. Le deuxième plus gros était celui des changements apportés aux contrats de travail, qui s'élevaient à 55 millions $, ou 10 cents par action.

Après ajustements, Loblaw a engrangé 363 millions $ - soit 5,5 pour cent de plus qu'au quatrième trimestre de 2014. Le bénéfice ajusté par action a atteint 88 cents pour le plus récent trimestre.