L’aéroport de Saint-Hubert, sur la Rive-Sud de Montréal, veut pouvoir se développer pour attirer des compagnies aériennes au rabais et offrir des vols régionaux, nationaux et vers des destinations vacances. Pour ce faire, le gouvernement fédéral doit changer une réglementation « anti-compétition » qui l’empêche d’accueillir des vols internationaux.

Antoine Trussart Antoine Trussart
La Presse

« Lorsque les choses seront revenues à la normale, on pense que Montréal a besoin d’un aéroport secondaire qui va offrir des vols régionaux, des vols domestiques au rabais et des vols vacances au rabais », dit Charles Vaillancourt, président du C. A. de l’aéroport de Saint-Hubert.

L’aéroport cherche à entrer en concurrence avec les aéroports américains, comme Plattsburgh et Burlington, où se dirigent de nombreux Québécois à la recherche de vols moins coûteux.

Le plan à long terme de l’aéroport comporte trois volets. Il s’agit de continuer à desservir les régions du Québec, mais en ajoutant des vols nationaux au rabais. La présence de transporteurs au rabais canadiens comme Swoop et Flair permettrait d’assurer la connectivité entre les régions et le reste du pays. Flair a récemment annoncé une incursion dans le marché québécois à partir de juillet prochain.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Les pistes d’atterrissage de l’aéroport de Saint-Hubert

Le dernier volet consistera en une offre de vols internationaux au rabais vers les destinations vacances.

Pour réaliser ce dernier volet, l’administration de l’aéroport demande au gouvernement fédéral de lever un règlement qui stipule que les vols internationaux ne peuvent décoller que de l’aéroport Montréal-Trudeau.

« On préconise une démocratisation du voyage que l’exclusivité consentie à Dorval empêche », ajoute M. Vaillancourt.

La permission de faire décoller des vols internationaux de Saint-Hubert rendrait l’aéroport plus attrayant pour les compagnies aériennes, qui pourraient rentabiliser leurs activités pendant les mois d’hiver.

Si Transports Canada nous permet de faire ça, on a un modèle d’affaires qui s’autofinance. On peut aller chercher de l’argent pour construire les infrastructures.

Charles Vaillancourt, président du C. A. de l’aéroport de Saint-Hubert

M. Vaillancourt ne croit pas qu’une telle augmentation du trafic et la présence accrue d’avions turbopropulsés plus bruyants créeront des problèmes avec le voisinage.

Les plaintes pour le bruit que reçoit l’aéroport sont principalement en lien avec les écoles de pilotage dont les avions tournent longtemps au-dessus des maisons. M. Vaillancourt ajoute que de nombreuses mesures ont été mises en place au cours de la dernière décennie.

« La technologie des moteurs d’avions tend vers des niveaux sonores extrêmement bas par rapport à ce qui se faisait, ajoute-t-il. Un jet qui décolle, on l’entend pendant 20-30 secondes et il est parti. »

« L’acceptabilité va venir en large partie du bénéfice que les citoyens vont retirer de l’aéroport. Présentement, l’aéroport opère, [les citoyens] en subissent les inconvénients sans avoir l’avantage » de pouvoir l’utiliser, explique Charles Vaillancourt.

Le projet n’a pas encore de date de réalisation, mais tient plutôt à une vision de développement à long terme.

« Toutes les grandes villes du monde ont des aéroports primaires et secondaires, conclut M. Vaillancourt. On veut que les gens aient accès à des vols au rabais au départ de Montréal. Il y a un marché pour ça. »