La campagne d’achat chez nous du gouvernement du Québec ciblera des secteurs où un potentiel de production locale existe, comme l’agroalimentaire, les produits d’hygiène corporelle et les vêtements, a fait savoir lundi le président-directeur général d’Investissement Québec, Guy LeBlanc.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Ensemble, ces trois secteurs représentent des importations de 6 milliards, dont une partie pourrait être remplacée par une production locale, a fait valoir M. LeBlanc, qui était l’invité du Cercle canadien de Montréal. Des annonces sont à venir, dont la nomination d’un ambassadeur qui encouragera les Québécois à acheter des produits locaux, a-t-il dit.

« Il ne faut pas voir ça comme du protectionnisme », a précisé M. LeBlanc. Même si on fait des efforts pour développer notre autonomie dans des secteurs ciblés, « les téléphones cellulaires vont continuer d’être fabriqués en Asie et on va continuer d’être des importateurs », a-t-il ajouté.

Le président d’Investissement Québec a profité de sa tribune pour inviter les entreprises d’ici à revoir leurs chaînes d’approvisionnement pour en augmenter le contenu local. « Je vous demanderais, est-ce que ça coûte vraiment moins cher de s’approvisionner à l’étranger plutôt que chez un voisin qui contribue au développement économique du Québec ? », a-t-il lancé.

L’achat local est « un élément qui s’est ajouté » à la mission d’Investissement Québec depuis la pandémie. Loin d’être une mode, c’est une tendance qui est là pour de bon, selon lui.

De l’importance des sièges sociaux

Le maintien des sièges sociaux est un autre des mandats qui ont été confiés à Investissement Québec, et son PDG a tenu à préciser que les entreprises québécoises sont plus souvent du côté des acheteurs que des vendeurs. « La proportion est de 60 à 65 % des entreprises qui sont acheteuses et 35 % qui sont vendeuses, a-t-il souligné. C’est presque du deux pour un tant en nombre qu’en valeur. »

Guy LeBlanc est revenu sur le cas du Cirque du Soleil, dont la propriété a échappé au Québec. « Je comparerai ça à un match de hockey, a-t-il dit. On s’est présenté en première période avec une offre et les créanciers sont arrivés avec une meilleure offre en deuxième période. Il y aura une troisième période, parce que les créanciers ne vont probablement pas rester propriétaires, et on verra si on va en prolongation. »

Il arrive qu’Investissement Québec doivent jouer en défense, a-t-il poursuivi avec l’analogie du hockey. Ç’a été le cas avec Redevances aurifères d’Osisko, que la baisse de valeur en Bourse mettait en danger d’une prise de contrôle étrangère. Investissement Québec est intervenu pour maintenir l’entreprise au Québec. « Mais j’aime mieux jouer en offensive », a-t-il dit.

Avant, Investissement Québec répondait aux appels des entreprises et accordait des prêts et des garanties de prêts. « Maintenant, on cherche à aller au-devant des entreprises », a souligné Guy LeBlanc. « On n’est pas allergiques au rendement », a-t-il poursuivi, mais contrairement aux investisseurs traditionnels et aux fonds d’investissement, Investissement Québec n’est pas obsédé par le retour rapide sur l’investissement.

« On va être plus patients parce que ce qui nous intéresse, c’est le développement économique du Québec. »

À son dernier exercice financier qui a pris fin le 31 mars 2020, Investissement Québec a rapporté une perte de 180 millions et un rendement de - 5,1 %.