Les souffrances que la COVID-19 fait subir au centre-ville de Montréal ne découragent pas Prével et le consortium Montoni/Sélection d’aller de l’avant avec le réaménagement d’importants terrains dans la partie est ce celui-ci.

André Dubuc
André Dubuc La Presse

Prével a présenté mercredi devant les commissaires de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) les grandes lignes de son projet de transformation de l’îlot des Portes Sainte-Marie, d’une valeur de 750 millions.

Les commissaires de l’OCPM tiennent une consultation dans le cadre du projet particulier d’urbanisme (PPU) des Faubourgs, une vaste zone qui recoupe trois secteurs en voie de redéveloppement : l’usine Molson, l’ancien édifice de Radio-Canada et l’îlot des Portes Sainte-Marie.

Pour ce dernier secteur, Prével propose le projet Esplanade Cartier, soit l’aménagement de six îlots sur le terrain de 400 000 pieds carrés situé immédiatement à l’est du pont Jacques-Cartier, entre les voies René-Lévesque, Sainte-Catherine, Parthenais et De Lorimier.

Au cours des cinq à six prochaines années, sa coprésidente Laurence Vincent prévoit la construction de 2000 logements, l’aménagement de 100 000 pieds carrés de commerces, dont une épicerie, et l’ajout de 500 000 à 700 000 pieds carrés de bureaux, soit l’équivalent d’une tour de bureaux du centre-ville.

Ce dernier morceau surprend au moment où les sondages indiquent que les cols blancs souhaitent rester en télétravail dans une proportion de 92 % après la pandémie.

« On croit que le télétravail va demeurer, mais que les bureaux vont survivre à tout ça. Il va y avoir un modèle hybride qui va émerger, avance Mme Vincent dans un entretien.

« Il va falloir imaginer des bureaux qui vont avoir plus de pieds carrés [par poste de travail] et qui vont être moins en hauteur, et c’est exactement ce qu’on offre avec des bureaux aux étages inférieurs accessibles par les escaliers pour ceux qui le désirent », poursuit-elle.

« Ce n’est pas vrai que 100 % des gens vont être en télétravail 100 % du temps », soutient Mme Vincent.

Le premier îlot est déjà en construction, angle Parthenais et Sainte-Catherine. Prével planifie le lot 2, angle De Lorimier et Sainte-Catherine, lequel prévoit pour le moment l’arrivée d’une épicerie et de 120 000 pieds carrés de bureaux qui seront conçus et livrés de concert avec la société TGTA, qui a obtenu un bon succès avec l’édifice O Mile-Ex, devenu le centre névralgique de l’intelligence artificielle à Montréal.

Les 250 unités de copropriétés de l’îlot 1 sont vendues à 65 %. Les unités du lot 2 seront en vente à l’hiver 2021.

Prével a fait une demande pour obtenir une plus grande accentuation des hauteurs. Plus haut au sud, sur René-Lévesque, et plus bas sur Sainte-Catherine, au nord. Elle demande 80 mètres de haut, ou 25 étages, au coin René-Lévesque et De Lorimier, comme voisin du pont Jacques-Cartier.

« C’est raisonnable. On n’est pas dans la course pour construire la plus haute tour résidentielle du centre-ville », indique Mme Vincent.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Laurence Vincent, coprésidente de Prével

Avenir du site Molson : changements demandés

Davantage de hauteur pour certains emplacements, plus grande flexibilité dans la volumétrie des futurs bâtiments, diminution du nombre de locaux réservés aux commerces et aux bureaux : le consortium Montoni–Sélection–Fonds FTQ a présenté sa liste de souhaits à l’OCPM, mercredi.

« Le Consortium est toutefois perplexe devant l’ampleur de l’offre commerciale prévue au projet de PPU sur le site Molson. En effet, le projet de PPU exige des espaces commerciaux en rez-de-chaussée sur les artères commerciales identifiées (de la Commune et Notre-Dame) », lit-on dans le mémoire déposé mercredi.

Il souligne que l’inoccupation reste importante dans les rues commerciales Sainte-Catherine Est et Ontario Est, de 26 % et de 19 % respectivement. « Le Consortium souhaiterait avoir de la flexibilité, tout en ayant l’option de développer des unités résidentielles ou des espaces de bureaux au niveau de la rue. »

Le trio demande de construire jusqu’à 100 mètres de haut en lieu et place de la tour de l’usine actuelle.

Dans le PPU, la Ville a énoncé le désir de voir des basilaires de 8 à 10 étages, comme dans le Vieux-Montréal. Le Consortium veut des basilaires moins imposants et transférer la densité davantage en hauteur.

Il demande aussi que la rue Notre-Dame ne se termine pas en cul-de-sac avant d’arriver à l’avenue Papineau comme le recommande le PPU.