Un nouveau sondage s’intéressant aux opinions des jeunes Canadiens sur le leadership révèle que 10 % seulement des répondants imaginent une femme lorsqu’ils pensent à un leader.

La Presse canadienne

L’enquête en ligne, commandée par le groupe de défense des droits des enfants Plan International Canada et menée par Nanos, a interrogé plus de 2200 Canadiens âgés de 14 à 24 ans entre le 15 et le 24 septembre.

Elle a permis de constater que la confiance en soi était la principale caractéristique qu’un dirigeant devrait posséder d’après tous les répondants, peu importe le sexe. Mais seulement 55 % des filles et des jeunes femmes ont dit avoir confiance en elles et 81 % d’entre elles ont dit douter au moins occasionnellement qu’elles ont ce qu’il faut pour être de bonnes dirigeantes.

Cinquante-trois pour cent des garçons et des jeunes hommes qui ont participé à l’enquête ont décrit les filles et les femmes comme étant « émotives », et seulement 10 % ont jugé que cet adjectif s’appliquait à un bon dirigeant.

Encore plus de garçons et de jeunes hommes — 57 % — ont choisi « fort » comme meilleur descripteur pour un bon dirigeant, mais moins du tiers ont décrit les filles et les femmes comme étant fortes.

De leur côté, près de 60 % des filles et des jeunes femmes qui ont participé à l’étude ont déclaré qu’elles ressentaient parfois de la pression pour changer leur façon d’agir pour atteindre leurs objectifs en matière de leadership.

L’organisation à la base de l’enquête affirme que les stéréotypes liés au genre constituent toujours un obstacle pour les filles intéressées par des rôles de leaders.

« Le décalage entre l’ambition et la façon dont les filles et les jeunes femmes évaluent leurs capacités à diriger est complexe, mais on peut lui donner un sens lorsqu’on tient compte des barrières systémiques et de la socialisation des sexes dans le développement des attitudes et des perceptions à un jeune âge », a noté Saadya Hamdani, directrice, Égalité des sexes chez Plan International Canada, dans un communiqué.

« Le problème n’est pas lié à une question de potentiel ou de capacités des filles, il est attribuable aux environnements sociaux et institutionnels dans lesquels elles doivent évoluer. »

Les experts en sondage affirment que les enquêtes en ligne ne peuvent se voir attribuer une marge d’erreur, car elles ne génèrent pas un échantillon aléatoire de la population.